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Full text of "Les traductions françaises de Shakespeare"

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QUINZIÈME CAHIER 

Les 



Traductions françaises 

de 

Shakespeare 



PAR 



Albert DUBEUX 



Ud'/of Ottawa 






Société d'Édition " 

95, Bouh 39003002866506 

PARIS 



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ÉTUDES FRANÇAISES 

fondées sur l'initiative de la 
Société des Professeurs français en Amérique. 



QUINZIÈME CAHIER 

Les 



Traductions françaises 



de 



Shakespeare 



AlbertJ^JBEUX 

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Société d'Édition "LES BELLES LETTRES" 

95- Boulevard Raspail / J '/" 



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ASSOCIATION DES ÉTUDES FRANÇAISES 

(Association internationale propriétaire des « Etudes françaises t) 



COLLEGE ELECTORAL CONSTITUTIF 

DE L'ASSOCIATION DES ÉTUDES FRANÇAISES (1927) 

La Société des Professeurs Français en Amérique, fondatrice. 
Les Membres actifs de TAssociation des Etudes françaises. 
La Société des Amis des Études françaises. 
Le Cercle de recherches sur l'Enseignement du français. 

Président : 
Paul HAZARD, Professeur au Collège de France. 

COMITÉ DE CENTRALISATION 

Linguistique : Emile Vendryès. 

Littérature : Paul Hazard. 

Histoire et civilisation : Albert Demangeon. 

COMITÉ EXÉCUTIF DE COORDINATION 
pour l'Amérique du nord 

Jean-B. Zacharie, Président de la Société des Professeurs fran- 
çais en Amérique, ex-officio. 

Louis Cons, University of Illinois. 

Richard T. Holbrook, University of Califomia. 

André Morize, Harvard University. 

Henry Dupont, Secrétaire pour V Amérique du Nord (Hunier 
Collège of the City of New-York). 

Trésoriers : 

Marcel Morize, Melvin, E. Bassett, 

Morgan and C°, Princeton University. 

14, Place Vendôme, Paris. Princeton, New-Jersey (Etats-Unis) . 

Secrétaire général : 
Jean Thomas, École Normale supérieure, 4$, rue d'Ulm, Paris. 



A/5 



ETUDES FRANÇAISES 

Fondées sur l'initiative 
de la Société des Professeurs français en Amérique. 



Quinzième Cahier. Mars 1928. 

LES TRADUCTIONS FRANÇAISES 

6 

DE SHAKESPEARE 



A Monsieur Auguste RONDEL, 

hommage reconnaissant. 

Il n'existe plus de cloison élanche entre les litté- 
ratures des divers peuples : la vogue dont jouissent 
les écrivains étrangers, et en particulier les roman- 
ciers anglo-américains, en est la meilleure preuve. 
De même, nos théâtres sont largement ouverts aux 
dramaturges des autres nations. 

Durant longtemps il n'en fut point ainsi, puisque 
l'un des artistes dont l'œuvre fait aujourd'hui partie 
du patrimoine commun de l'humanité, Shakespeare, 
demeura toute sa vie ignoré de notre pays; son nom 
ne fut prononcé en France qu'un demi-siècle après 
sa mort et il fallut attendre encore près de cent ans 
pour voir ses drames représentés sur nos théâtres. 

Saint-Evremond est sans doute le premier Fran- 
çais qui ait parlé de Shakespeare; en 1677, dans 



4 ÉTUDES FRANÇAISES 

l'Essai sur la Comédie, il fait allusion au Marchand 
de Venise'. En ifi86, Adrien Baillet, à la fin de ses 
Jugemens des Sçavans sur les principaux ouvrages 
des Auteurs, donne une liste des plus notables 
« Poëtes des Isles Britanniques en langage vulgaire » 
qui comprend, avec l'auteur d'Hamlet, le chancelier 
Bacon, Fletcher,Beaumontet Ben Johnson. Peu après, 
en 1693, Shakespeare est célébré avec enthousiasme 
par un autre Français, Pierre-Antoine Le Motteux, 
dans le Gentleman s Journal. Nous savons, d'autre 
part, que Louis XIY possédait une édition anglaise 
de son théâtre, à propos de laquelle le bibliothécaire 
Nicolas Clément écrivait : « Ce poète a l'imagina- 
tion assez belle, il pense naturellement, il s'exprime 
avec finesse, mais ces belles qualités sont obscur- 
cies parles ordures qu'il mêle dans ses comédies. » 
Au dix-huitième siècle, le nom de Shakespeare, 
familier jusque-là à un petit nombre de lettrés seu- 
lement, commence à être connu du public. Voltaire 
dans ses Lettres philosophiques (i 7 33) puis l'abbé Pré- 
vost dans Le Pour et le Contre {i 7 ZS), lui rendent hom- 
mage; Voltaire même fait mieux encore que de louer 
le poète, il s'en inspire pour écrire Zaïre, La Mort de 
César et Sémiramis, où l'apparition d'un spectre est 
une réminiscence d'Hamlet. 

Cependant, il n'existe pas encore de traduction 
française de son œuvre; le premier essai de ce genre 
est dû à La Place qui publie en 1745 son Théâtre 

1 Voir La Vogue de Shakespeare au grand siècle, par 
M>"° Longworth-Chambiun [Revue hebdomadaire, 26 juillet 19-24). 



ETUDES FRANÇAISES D 

Anglois en huit volumes dont deux sont consacrés à 
Shakespeare et comprennent la traduction ou l'ana- 
lyse de onze de ses pièces; l'ouvrage débute par un 
Discours sur le Théâtre Anglois dans lequel La Place 
répond d'avance aux critiques que son entreprise 
ne devait pas manquer de susciter. Cette tentative 
fut accueillie avec faveur et l'on commença à discuter 
l'œuvre shakespearienne; en i^5 1 , le chevalier de 
Jaueourt, dans Y Encyclopédie, la compare à un bâti- 
ment gothique vaste, sublime et varié mais inélégant; 
rapprochement dont les Romantiques useront et abu- 
seront. 

Il faut attendre plus de trente ans pour assister à 
un nouvel essai. En 1776, Pierre-Prime-Félicien 
Le Tourneur, fils d'une dentellière de Valognes, 
entreprend avec le comte de Catuelan et Fontaine- 
Malherbe la publication de son Shakespeare traduit 
de V anglois. Cette traduction est très supérieure à 
celle de La Place, bien qu'on soit en droit de lui 
reprocher ses longueurs, son style pompeux et un 
souci trop constant de substituer le « mot noble » au 
« mot vulgaire », l'abstrait au concret. Dans leur 
Ëpitre au Roi les traducteurs chantaient les louanges 
de Shakespeare : « Jamais homme de génie ne péné- 
tra plus avant dans l'abîme du cœur humain et ne fit 
mieux parler aux passions le langage de la nature... 
Il devina... que le grand secret de l'art du théâtre 
consistait surtout à créer sur la scène des hommes 
entièrement ressemblants à ceux de la nature. » 

Cette fois, le succès fut considérable; à la Cour 



6 ETUDES FRANÇAISES 

aussi bien que dans le monde des lettres et des arts, 
chacun voulut posséder son exemplaire et Ton relève 
parmi les souscripteurs dont les noms figurent en 
tête de la première édition les membres de la famille 
royale, Fimpératrice Catherine de Russie, le duc de 
Ghoiseul, d'Argental, Turgot, Necker, le peintre La 
Tour, Diderot, Holbach et de hauts dignitaires ecclé- 
siastiques auxquels vinrent s'ajouter quantité d'écri- 
vains et de bourgeois lettrés. 

Mais, à côté d'approbations chaleureuses, l'ou- 
vrage suscita de violentes attaques dont les plus 
âpres furent celles de Voltaire : 

Auriez-vous lu, — écrit-il à d'Argental le 19 juil- 
let 1776, — les deux volumes de ce misérable dans 
lesquels il veut nous faire regarder Shakespeare 
comme le seul modèle de la véritable tragédie? Il 
Tappelle le Dieu du Théâtre. Il sacrifie tous les Fran- 
çais sans exception à son idole, comme on sacrifiait 
autrefois des cochons à Cérès. Il ne daigne pas même 
nommer Corneille et Racine; ces deux grands 
hommes sont seulement enveloppés dans la proscrip- 
tion générale sans que leurs noms soient prononcés. 
Il y a déjà deux tomes imprimés de ce Shakespeare 
qu'on prendrait pour des pièces de la Foire faites il 
y a deux cents ans. Avez-vous une haine assez vigou- 
reuse contre cet impudent imbécile? Souffrirez-vous 
l'affront qu'il fait à la France?... Ce qu'il y a d'affreux, 
c'est que le monstre a un parti en France; et, pour 
comble de calamité et d'horreur, c'est moi qui autre- 
fois parlai le premier de ce Shakespeare ; c'est moi qui 
le premier montrai aux Français quelques perles que 
j'avais trouvées dans son énorme fumier. Je ne m'at- 



ETUDES FRANÇAISES 7 

tendais pas que je servirais un jour à fouler aux 
pieds les couronnes de Racine et de Corneille pour 
en orner le front d'un histrion barbare. 



Cette controverse qui aboutit au fameux Écrit sur 
les tragédies de Shakespeare lu à l'Académie, en 
séance publique, le 2D août 1776, est trop connue 
pour qu'il soit nécessaire de s'y attarder. M. Jusse- 
rand dans son beau livre, Shakespeare en France 
sous r Ancien Régime 1 et, plus récemment, M. Georges 
Ascoli dans son cours professé à l'Université de 
Lille 2 , ont retracé avec beaucoup d'esprit les phases 
de cette lutte tragi-comique au cours de laquelle le 
patriarche de Ferney retrouva une ardeur juvénile 
pour mener le bon combat, c'est-à-dire pour charger 
ses adversaires et exalter son propre mérite. Notons 
seulement que l'hostilité de Voltaire n'avait pas pour 
seule cause une vanité mesquine d'auteur jaloux : 
foncièrement conservateur, — en art tout au moins, 
— l'auteur de Zaïre et de Mahomet se refusait à 
admettre le mélange des genres et ne pouvait goûter 
la liberté sans frein de Shakespeare. 

Ses efforts, au reste, furent vains. La vogue de 
Shakespeare n'était pas près de diminuer en France. 
Mais ce n'est point à Le Tourneur que devait revenir 
l'honneur de faire monter sur les planches les per- 
sonnages créés par « l'histrion barbare »; c'est à 
Ducis, celui-là même qui, suivant la formule célèbre, 

1. Paris, Armand Colin, 1898. 

1. Revue des Cours et Conférences, i5 juillet 19^4» 



8 ÉTUDES FRANÇAISES 

« parvint à être sur la scène comme à l'Académie le 
successeur immédiat de Voltaire ». C'est une figure 
bien attachante que celle de ce bon Ducis. S'il nous 
arrive parfois de sourire en lisant ses œuvres, n'ou- 
blions pas que son caractère était bien supérieur à 
son talent; l'intransigeante honnêteté dont il donna 
tant de preuves en font presque un personnage cor- 
nélien. Opposé au principe du gouvernement impé- 
rial, il ne voulut jamais rien accepter de Napoléon 
qui le tenait en singulière estime; pauvre et presque 
besoigneux, il refusa avec la même fermeté une pen- 
sion et un siège de sénateur : « II vaut mieux porter 
des haillons que des chaînes! » déclarait-il avec une 
emphase qui n'excluait point la sincérité. Cet excellent 
homme eut deux passions dans sa vie : Corneille et 
Shakespeare. Malheureusement, s'il aimait ce dernier, 
c'est un peu à la façon dont les sauvages adorent leurs 
idoles; son admiration manquait de sens critique. 
De plus, il n'entendait point l'anglais, ce qui est assez 
fâcheux pour un traducteur, et il ne put travailler 
que sur des matériaux de seconde main. Aussi ne 
faut-il pas trop s'étonner que Ducis ait conçu le projet 
de corriger Shakespeare pour le mieux faire apprécier 
en France : « Je me suis appliqué, écrit-il dans la 
préface de son Macbeth, à faire disparaître l'im- 
pression toujours révoltante de l'horreur qui, cer- 
tainement, eût fait tomber mon ouvrage, et j'ai tâché 
ensuite d'amener l'âme de mon spectateur jusqu'aux 
derniers degrés de la terreur tragique en y mêlant 
avec art ce qui pouvait la faire supporter. Il m'a paru 



ETUDES FRANÇAISES 9 

que mes précautions n'avaient pas été infructueuses. » 
Atténuer « avec art » l'horreur des drames de 
Shakespeare, tel fut donc le but de Ducis. Voyons 
comment il s'y est pris pour réaliser ce beau pro- 
gramme dans les pièces qu'il fit jouer à la Comédie- 
Française : Hamlet en 1769, Roméo et Juliette en 1772, 
Le Roi Lear (sic) en 1783, Macbeth (1784), puis Jean- 
sans-Terre ou la Mort d'Arthur (1791) et Othello (1792). 
Ces drames ne sont pas des traductions mais des 
adaptations très libres et même très fantaisistes. On 
pourrait s'imaginer que le « bonhomme Ducis », — 
ainsi l'avait surnommé Bonaparte — , a donné de 
Shakespeare une version édulcorée, qu'il en a soi- 
gneusement banni l'horrible. Il n'en est rien. Ducis 
s'est surtout préoccupé de supprimer ou d'atténuer 
les détails qui auraient choqué la délicatesse de ses 
contemporains; il a changé les noms propres dont 
les sonorités étranges pouvaient blesser l'oreille des 
belles spectatrices. Ainsi, dans son Othello, tous les 
personnages, sauf le More, sont débaptisés : Desdé- 
mone, Iago, Cassio, Emilia deviennent Hédelmone, 
Pezzare, Lorédan, Hermance; Othello n'est plus un 
nègre, mais un « Africain au teint jaune et cuivré », 
ce qui, explique naïvement Ducis, offre l'avantage « de 
ne point révolter l'œil du public et surtout celui des 
femmes ». De même, le fameux mouchoir se mue en 
un bandeau orné de diamants; l'oreiller vulgaire fait 
place au poignard, arme noble. Quant à l'intrigue, 
elle n'a plus que de lointains rapports avec celle de 
Shakespeare. Dans Roméo et Juliette, la nourrice est 



IO ETUDES FRANÇAISES 

remplacée par une suivante du nom de Flavie. Dans 
Macbeth, lady Macbeth s'appelle Frédégonde. Parmi 
les personnages de Jean-sans-Terre figure un certain 
« Kermadeue, vieillard breton » dans la bouche de 
qui l'auteur place des vers de ce genre : 

Ma souveraine, hélas ! n'a plus dans l'univers 
Que la fuite, ses pleurs, et peut-être des fers. 

Ce n'est pas tout. Ducis prend soin de nous avertir 
que, pour son adaptation de Roméo et Juliette, il a 
<( changé en grande partie l'intrigue et retranché tout 
le comique ». Ces modifications, encore une fois, ne 
sont pas des atténuations, bien au contraire. Ducis, 
qu'offusquent le visage noir d'Othello et le mouchoir 
de Desdémone, déploie dans son théâtre une énergie 
sanguinaire de cannibale; bien loin d'adoucir le tra- 
gique de certaines situations, il enchérit à plaisir sur 
son modèle. On se rappelle le mot des Saltimbanques 
de Dumersan et Varin : Gringalet a trouvé un porte- 
feuille bourré de billets; son patron l'interroge 
sévèrement : « Tu n'en as pas pris, au moins? » et 
Gringalet de répondre : « Non, j'en ai remis! » 
Pareillement, Ducis « en a remis », et beaucoup; la 
férocité candide de son imagination lui suggère des 
trouvailles imprévues : le vieux Montaigu devient un 
nouvel Ugolin, qui a jadis dévoré ses enfants « pour 
leur conserver un père »; Ophélie est la fille de 
Claudius et Hamlet, tel Rodrigue, devra tuer le père 
de celle qu'il aime afin de venger le sien. Les 
sombres drames de Shakespeare sont encore poussés 



ETUDES FRANÇAISES I I 

au noir; « c'est l'expression, l'expression seule 
qu'adoucit, qu'atténue, qu'enveloppe et que mortifie 
le bon Ducis »*. 

Enfin, — et c'est bien là le plus grave, — Ducis 
n'avait rien de ce qu'il faut pour traduire sans le 
trahir le fougueux auteur du Roi Lear. Il pèche par 
la forme plus encore que par l'idée; son vers inco- 
lore et prosaïque se traîne péniblement; il parle une 
langue terne et les périphrases bizarres dont il fait 
un fréquent emploi excitent souvent le rire. Quelques 
exemples suffiront à donner une idée de son style. Il 
appelle les agents de police « ces mortels dont l'Etat 
gagela vigilance». Othello, aprèsavoirtuéHédelmone, 
déclare froidement : 

Je n'aurais jamais cru qu'avec tant de jeunesse 
On eût pu jusque-là porter la hardiesse. 
C est l'effet du climat ! 

Hamlet fait part à Ophélie de cette vérité première 
digne de M. de la Palisse : 

On remplace un ami, son épouse, une amante, 
Mais un vertueux père est un bien précieux 
Qu'on ne tient qu'une fois de la bonté des dieux. 

Ophélie sortie, il déclare avec satisfaction : 

Ah ! je respire enfin, j'ai su dompter l'amour. 
Je puis à ma fureur me livrer sans retour. 

Après quoi, il débite un flot d'insipides lieux com- 

i . Emile Faguet. 



12 ÉTUDES FRANÇAISES 

muns sur la vengeance. Mais il y a mieux encore, 
c'est la fameuse scène de somnambulisme de Lady 
Macbeth, ou plutôt de Frédégonde. Voici ce qu'elle 
devient sous la plume de Ducis (les indications scé- 
niques placées par le poète ajoutent au texte une 
saveur particulière) : 

Frédégonde 

(Elle entre endormie, un poignard dans la main droite et un 
flambeau dans la main gauche. Elle s approche d'un fauteuil. 
Levant les yeux au ciel avec l'expression d'une crainte doulou- 
reuse.) 

Dieux vengeurs ! 

Sévar, bas. 

Un forfait la poursuit. 
Ecoutons ! 

Frédégonde, avec joie et un air de mystère. 

Ce grand coup fut caché dans la nuit. 
La couronne est à nous, Macbeth, pourquoi la rendre ? 

(Avec le geste d'une femme qui porte plusieurs coups de 
poignard dans les ténèbres.) 
Sur le fils à son tour... 

SÉVAR 

Ciel! que viens-je d'entendre ! 

Frédégonde, en s' applaudissant 
et avec la joie de V ambition satisfaite 

Oui, tout est consommé, mes enfants régneront. 

(Avec la complaisance et le plaisir de la tendresse mater- 
nelle.) 

Que j'essaie, ô mon fils, ce bandeau sur ton front. 



ÉTUDES FRANÇAISES l3 

(Tâchant de rappeler un souvenir vague à sa mémoire,) 
Qui donc m'a dit ces mots : « Va, le ciel te fit mère » ? 

(Avec un serrement de cœur.) 
S'ils éprouvaient les coups dune main meurtrière ! 

(Très tendrement.) 
O ciel ! 

(Portant sa main à son nez avec répugnance.) 
Toujours ce sang ! 
(Très tendrement.) 

Je verrais leur trépas ! 
(Avec larmes.) 
Moi, leur mère ! 

(Avec terreur, se grattant la main.) 

Ce sang ne s'effacera pas ! 
(Avec la plus grande douleur.) 
O dieux ! 

(En se grattant la main vivement.) 

Disparais donc, misérable vestige ! 
(Avec la plus tendre compassion.) 
Mon fils, mon cher enfant! 

(Se grattant la main plus vivement encore.) 

Disparais donc, te dis-je ! 
(Se grattant la main avec un dépit furieux.) 
Jamais! Jamais! Jamais! 

(Comme si elle sentait un poignard dans son sein.) 
Mon cœur est déchiré. 

(Avec de longs soupirs, les plus douloureux et tirés du 
plus profond de son cœur.) 
Oh! Oh! Oh! 

(Son front s éclair cit par degrés et passe insensiblement 
de la plus profonde douleur à la joie et à la plus vive 
espérance.) 



l4 ÉTUDES FRANÇAISES 

Quel espoir dans mon sein est rentré ? 

(Tout bas, comme appelant Macbeth pendant la nuit et lui 
montrant le lit de Malcome quelle croit voir.) 
Macbeth ! Malcome est là. 
(Avec ardeur.) 

Viens. 
(Croyant le voir hésiter et levant les épaules de pitié.) 

Comme il s'intimide ! 
(Décidée à agir.) 
Allons ! 

(Avec joie.) 

Il dort. 
(Avec la confiance de la certitude et dans le plus profond 
sommeil.) 

Je veille... 

(Elle regarde le flambeau d 'un œil fixe; elle le prend et se 
lève.) 

Et ce flambeau me guide. 

(Elle marche vers le côté du théâtre par lequel elle doit 
sortir. S" arrêtant tout a coup, avec l'air du désir et de 
V impatience, croyant entendre sonner V heure). 
Sa mort sonne. 

(Avec la plus grande attention, immobile, le bras droit 
étendu, et marquant chaque heure avec ses doigts.) 
Une... Deux. 
(Croyant marcher droit au lit de Malcome .) 

C'est l'instant de frapper. 

(Elle tire son poignard et se retire, toujours dormant, 
sous lune des voûtes 1 .) 

Ducis avait rêvé de fondre dans ses drames Sha- 

i. Macbeth, V, 7. 



ÉTUDES FRANÇAISES l5 

kespeare et Corneille; on croirait, en les lisant, 
voir le Voltaire des tragédies retouché par l'abbé 
Delille. 

On aurait tort de croire, cependant, que le succès 
remporté par ces adaptations ait suffi pour imposer 
aux lettrés l'admiration de Shakespeare. Voici ce que 
Geoffroy, le critique le plus écouté de son temps, 
écrivait en 1800 après une représentation du Roi 
Lear : 

Jamais le charlatanisme théâtral n'entassa plus de 
moyens pour produire de l'effet. Le tonnerre, les 
éclairs, la grêle, des forêts, des cavernes, une conju- 
ration, une bataille où le vainqueur se trouve être le 
vaincu, une jeune fille qui vit dans un souterrain 
avec un vieillard sous la protection d'un jeune homme, 
un roi qui, après avoir été imbécile toute sa vie finit 
par devenir complètement fou et occupe de son rado- 
tage la moitié de la pièce ; joignez à cela le phébus 
et le galimatias d'un style qui lait pâlir celui de Bré- 
beuf, des apostrophes au ciel, à la foudre, aux vents, 
aux rochers, à toute la nature, des apostrophes aux 
larmes, aux plantes médicinales, etc., vous aurez 
une idée du Roi Lear. 

Il est vrai que Geoffroy jugeait Shakespeare à tra- 
vers Ducis, et que celui-ci, malgré tous ses efforts, 
n'avait pu montrer au public français le véritable 
visage de son modèle ; il y avait encore fort à faire 
pour y arriver. 

Ce fut, sans doute, l'avis d'Antoine Bruguière, 
baron de Sorsum, que ses occupations variées, — il 



l6 ÉTUDES FRANÇAISES 

avait été tour à tour commerçant, voyageur, attaché 
à l'administration de l'armée d'Italie et secrétaire du 
Cabinet, — n'empêchaient pas de s'intéresser aux 
lettres. Ce digne gentilhomme employait ses loisirs 
à étudier les auteurs anglais, et trois ans après sa 
mort, en 1826, paraissaient ses Chef s-iï œuvre de 
Shakespeare traduits conformément au texte original, 
en vers rimes, en vers blancs et en prose. L'ouvrage 
passa à peu près inaperçu. 

Presque en même temps, un érudit, Paul Duport, 
publiait des Essais littéraires sur Shakspeare, ou 
Analyse raisonnée, scène par scène, de toutes les 
pièces de cet auteur, deux gros in-octavo de trois 
cent soixante et quatre cent quarante-quatre pages 
qui comprenaient l'analyse de trente-sept pièces, 
parmi lesquelles Titus Andronicus dont la paternité 
est aujourd'hui fort discutée. L'auteur débutait par 
un avertissement significatif : 

Bien connaître Shakspeare est devenu un besoin 
presque indispensable poumons. ..Maisquellelecture 
pour les gens du monde ! A peine les lettrés de pro- 
fession en peuvent-ils supporter la longueur et 
l'ennui, tant le fatras y déborde le sublime ! Et il ne 
s'agit de rien moins (sic) que de trente-sept pièces en 
cinq actes dont chacune est presque le double de nos 
plus longs ouvrages dramatiques... 

Voilà quelles considérations nous ont engagés à 
offrir de toutes les pièces de Shakspeare, une ana- 
lyse complète et détaillée, scène par scène... 

Malgré ce préambule un peu inquiétant, les Essais 



ETUDES FRANÇAISES 17 

de Duport ne sont pas sans mérite ; l'auteur excelle, 
en général, dans cette besogne malaisée qu'est l'ana- 
lyse d'une pièce de théâtre, et Ton pourrait, de nos 
jours encore, consulter son livre avec profit. 

Cependant, dès 1821, Guizot avait entrepris de 
reviser l'œuvre de Le Tourneur ; avec l'aide de M. de 
Barante et d'Amédée Pichot, il publia une nouvelle 
traduction beaucoup plus fidèle. La voie était ouverte, 
l'exemple allait être suivi et le dix-neuvième siècle a 
vu naître plusieurs traductions complètes de Shakes- 
peare : celle de Francisque Michel (1839), celle de 
Benjamin Laroche (1839-1840), celle de François- 
Victor Hugo (1859-1866), celle d'Emile Montégut 
(1867-1870). La dernière est celle de Georges Duval 

(1908). 

De ces diverses traductions la plus appréciée est, 
en général, celle de François-Victor Hugo. L'œuvre 
shakespearienne y revit, restituée dans son intégra- 
lité, dépouillée des ornements fantaisistes et des 
surcharges parasites. Le vocabulaire est riche et 
précis, les images du poète sont rendues avec un 
rare bonheur. Il se trouve cependant des lettrés pour 
préférer la traduction de Montégut; ils allèguent 
que ce dernier possédait une connaissance plus 
approfondie de la langue anglaise, et cela ne fait pas 
de doute ; mais Montégut demeure bien inférieur à 
François-Victor Hugo par l'expression; ce n'était 
point un artiste et, pourvu qu'il atteignît à l'exacti- 
tude, il se souciait peu du style ; nous n'en voulons 
pour preuve que les innombrables par conséquent 



l8 ÉTUDES FRANÇAISES 

dont il alourdit ses phrases aux endroits où le there- 
fore anglais glisse si légèrement. Entre les deux, 
toutefois, M. Baldensperger hésite à se prononcer : 
« Des approximations plus poussées sont offertes par 
François-Victor Hugo et par Emile Montégut, celui-là 
coloré et truculent, celui-ci précis et consciencieux, 
non sans que l'un et l'autre expie ses qualilés par 
leur contre-partie. L'inexactitude et l'à-peu près 
balancent les mérites de mouvement et de couleur 
du jeune romantique ; la gaucherie dans l'expression 
accompagne souvent le souci d'exactitude du cri- 
tique i ». 

Un nouvel essai vient d'être tenté par M. A. 
Koszul, sous la direction de qui un groupe d'érudits 
a entrepris la traduction de l'œuvre shakespearienne. 
Cette Collection Shakespeare comprend à l'heure 
actuelle : Macbeth et Hamlet, par M. Jules Deroc- 
quigny; les Sonnets, par M. Charles-Marie Garnier; 
Comme il vous plaira, par M. Lucien Wolff ; Le Soir 
des Rois, par M. Félix Sauvage; Le Marchand de 
Venise, par M mc Lebrun-Sudry ; Roméo et Juliette, par 
M. Koszul ; Troïlus et Cressida, par M. René Lalou ; 
Antoine et Cléopâtre, par M. Georges Lambin, et 
La Tempête, par M. J. Aynard. Le caractère commun 
à ces divers ouvrages est un souci rigoureux d'exac- 
titude. La lecture du texte anglais placé en regard 
de la traduction permet de voir avec quelle cons- 
cience M. Koszul et ses collaborateurs se sont 

i. Études d'histoire littéraire, i Q série, Paris, Hachette, 19 10 
{Esquisse d'une histoire de Sakespeare en France). 



ÉTUDES FRANÇAISES 19 

acquittés de leur travail ; ils ont pris à tâche 'de nous 
donner une version précise, véridique, objective de 
l'œuvre shakespearienne, et ils y ont réussi. 

A côté de ces fervents, d'autres auteurs se bornè- 
rent à faire un choix dans le théâlre de Shakespeare. 
C'est ainsi qu'Alfred de Vigny enrichit la scène fran- 
çaise d'un Othello joué en 1829 et d'un Marchand de 
Venise représenté seulement en 1905. George Sand 
donna en i856 à la Comédie-Française une adapta- 
tion de Comme il vous plaira en prose mêlée de 
poésie; Musset, disait-on, y avait collaboré; il est 
permis d'en douter en lisant ces vers où Delaunay, 
l'un des interprètes, voyait le meilleur de l'ouvrage : 

L'Amour, petit comme une abeille,, 
Est venu cacher dans mon cœur 
Et son venin et sa douceur. 
Avec ses ailes il m'évente, 
Avec ses pieds il me meurtrit. 
Le long du jour il me tourmente 
Et me berce toute la nuit... 

A ces noms illustres il faudrait en ajouter bien 
d'autres. Bornons-nous à citer, dans la première 
moitié du dix-neuvième siècle : le Roméo et Juliette 
de Moline et Cubières, VOthello de Latouche, celui 
de Barante, Les Enfants d'Edouard de Casimir 
Delavigne d'après Richard III, le Falstaff de Vac- 
querie et Meurice, YHamlet de Dumas et Meurice, 
le Macbeth de Jules Deschamps, celui de Léon 
Halévy, celui de Jules Lacroix, VHamlet de Guille- 



20 ETUDES FRANÇAISES 

mot, le Roméo et Juliette de Daffry de la Monnoye. 

Parmi ces traducteurs, l'un de ceux qui obtinrent 
à l'époque le plus de succès fut Jules Lacroix, le 
frère du bibliophile Jacob. Succès éphémère! Son 
œuvre est bien oubliée aujourd'hui. Elle méritait 
mieux pourtant que cette indifférence dans laquelle 
la postérité confond trop souvent les productions les 
plus médiocres et celles qu'anime un réel talent. 
Jules Lacroix avait composé, outre une traduction 
complète des Odes d'Horace et des Satires de Perse 
et de Juvénal, plusieurs drames, parmi lesquels Le 
Testament de César et La Jeunesse de Louis X/, 
qui connurent en leur temps un très grand succès et 
faillirent conduire leur auteur à l'Académie. Depuis 
longtemps on ne joue plus de lui que X Œdipe-Roi 
auquel Mounet-Sully prêta la collaboration de son 
génie, œuvre pleine de mérites, d'ailleurs, et dont 
on a contesté bien injustement la valeur littéraire. 
Mounet-Sully admirait fort sa fidélité scrupuleuse. 
« C'est un chef-d'œuvre de loyauté ! » répétait souvent 
le grand tragédien. 

Jules Lacroix avait été littéralement touché par la 
grâce shakespearienne, comme d'autres le sont par 
la grâce divine, « Un jour, raconte-t-il 1 , en furetant 
dans une bibliothèque de famille, un volume de 
Shakespeare me tomba sous la main. Je l'ouvris au 
hasard : c'était la tragédie à'Hamlet traduite par Le 



i. Préface de Macbeth dans l'édition collective de 1874 (Paris, 
Miche Lévy, frères). 



ETUDES FRANÇAISES 21 

Tourneur. Je lus, je dévorai la pièce d'un bout à 
l'autre. .. Je n'oublierai jamais quelle fut ma surprise, 
mon enthousiasme. Un vaste horizon nouveau s'ou- 
vrait devant mes yeux : ce fut comme une révéla- 
tion. À dater de ce jour, Shakespeare devint ma lec- 
ture assidue... » C'est à la suite de cette révélation 
qu'il se lança à corps perdu dans le torrent au risque 
de s'y engloutir ; il traduisit successivement, en vers, 
Le Songe d'une nuit cCété, Richard 111, Hamlet, 
Othello, Macbeth et Le Roi Lear. 

Ce que cette tâche lui coûta de recherches et 
d'efforts, il Ta dit lui-même à plusieurs reprises. 
Malheureusement, le résultat ne répondit pas à ses 
espérances. C'est que, si le talent de Jules Lacroix 
lui permettait de composer un Œdipe-Roi plus qu'ho- 
norable, il ne le destinait nullement à devenir l'in- 
terprète de Shakespeare. L'œuvre du prince des 
Poètes d'Athènes, lumineuse comme un ciel de l'Hel- 
lade, garde jusque dans l'horreur la majesté sereine 
d'un marbre antique ; quelques tours d'un classicisme 
un peu suranné la trahissent moins assurément que 
les redondances sonores des disciples d'Hugo. Mais 
avec Shakespeare il n'en est plus de même. Pour 
le traduire en vers, il faudrait l'envolée d'un grand 
lyrique et Lacroix n'était qu'un bon versificateur. 
Sans doute, il lui arrive parfois de trouver des 
images colorées, des expressions d'un tour heureux, 
— sinon d'une exactitude parfaite, — notamment pour 
rendre la belle scène où Macbeth sent la fortune 
l'abandonner et maudit la vie : 



22 ETUDES FRANÇAISES 

... Out, out, brief candie ! 
Life's but a walking shadow: a poor player, 
That struts and frets his hour upon the stage, 
And then is heard no more : it is a taie 
Told by an idiot, full of sound and fury 
Signif}dng nothing... 

... Court flambeau, brille et passe. 
La vie!... Ah ! c'est une ombre errante dans l'espace, 
Un pauvre acteur qui sue et s'agite à grand frais, 
Une heure sur la scène, et qu'on oublie après ! 
C'est un rêve conté par un homme en délire, 
Emphatique et sonore, et qui ne veut rien dire. 

Mais le plus souvent Jules Lacroix se montre infé- 
rieur à la lourde tâche qu'il avait assumée, et nous ne 
trouvons dans son Macbeth et dans son Roi Lear 
qu'un écho bien affaibli des de/ux drames prodigieux 
tout bruissants du fracas des' armes et du choc des 
idées. C'est le calque d'un dessin de maître exécuté 
par un bon élève; les contours sont bien reproduits 
mais la vie n'y est plus, l'âme est absente. Barbey 
d'Aurevilly ne s'y trompa point, qui écrivait dans le 
Nain Jaune, le 10 avril 1868, au lendemain de la pre- 
mière du Roi Lear : « Elle (la direction de l'Udéon) 
nous a donné, pour une raison ou pour une autre, 
Le Roi Lear arrangé par M. Jules Lacroix, — c'est 
dérangé qu'il fallait dire ! — Coups d'épée dans l'eau 
que de telles pièces arrangées par de telles mains... 
On est plus que tenté de s'écrier, dans l'indignation 
de sa pensée : A bas les pattes ! on ne tripote pas 
dans Shakespeare... Après plusieurs représentations 
comme celle de ce soir, ils pourront fort bien croire, 



ÉTUDES FRANÇAISES 23 

les bourgeois français, que Shakespeare était quelque 
chose, dans son temps, comme le Ponsard de l'An- 
gleterre ! » 

Le nombre des traductions de Shakespeare est 
aujourd'hui considérable. On en trouvera plus loin 
la liste. C'est Roméo et Juliette qui vient en tête avec 
vingt-sept traductions ou adaptations ; mais la plu- 
part des ouvrages qu'a inspirés l'histoire des amants 
de Vérone sont des drames lyriques comme celui de 
Berlioz ; les véritables traductions en sont rares ; 
les plus fidèles sont celles que nous donnèrent Louis 
de Gramont et M. Koszul, la plus poétique celle que 
M. André Rivoire fit jouer au Théâtre-Français en 
1920. 

//tfra^nevientqu'en troisième lieu. Le plusréputé, 
sinon le meilleur, fut longtemps celui de Dumas et 
Meurice. Dans la période contemporaine, citons 
YHamlet de Louis Ménard, publié en 1886, celui de 
MM. Gressonnois et Samson, paru la même année, 
YHamlet de MM. J.-H. Rosny et enfin celui de Marcel 
Schwob et Eugène Morand, représenté en 1899 au 
Théâtre Sarah Bernhardt et repris au Théâtre des 
Arts en 1927. Dans ce dernier ouvrage les traduc- 
teurs ont réussi à conserver la beauté et la couleur 
de l'original ; la langue qu'ils ont adoptée est à peu 
de chose près celle du seizième siècle, et cette forme 
archaïque ajoute au drame une grandeur un peu mys- 
térieuse qui contribue encore à lui rendre son véri- 
table caractère si souvent déformé. Tour de force 
presque unique dans l'histoire des traductions sha- 



24 ÉTUDES FRANÇAISES 

kespeariennes et dont en Angleterre on ne trouve 
guère qu'un pendant : la version anglaise des trois 
premiers livres de Rabelais par Sir Thomas Urquhart, 
publiée en i653 et 1693, est considérée parla critique 
britannique comme un chef-d'œuvre 1 . Schwob vou- 
lait non seulement trouver le sens précis de chaque 
mot, mais en donner dans notre langue l'équivalent 
musical, syllabe par syllabe. Un fragment de son 
Hamlet suffira pour montrer sa connaissance appro- 
fondie des deux idiomes et les ressources de son 
vocabulaire. 

Hamlet [retournant un crâne). 

En voilà un autre ; pourquoi ne serait-ce pas le 
crâne d'un notaire ? Où sont ses fatrasseries mainte- 
nant, ses grabelleries, ses subversions, salvations et 
chicanes ? Pourquoi soud're-t-il maintenant que ce 
vilain drôle lui daube sur le museau avec sa pelle 
sale, et que ne lui fait-il citation pour coups ? Hum! 
Ce bonhomme était peut-être en son temps grand 
acheteur de terres, avec ses écritures, ses recon- 
naissances, ses charges, ses dupliques, tripliques et 
recollements ; est-ce là la finasserie de ses finesses 
et la conclusion de ses conclusions que d'avoir sa 
fine trogne pleine de line ordure ? Est-ce que ses 
garants ne lui garantiront pas plus d'épices et de 
doubles épices que la longueur et la largeur d'un 
couple de contrats ? Les seules minutes de ses titres 
de propriété tiendraient à peine dans cette boîte ; et 



1. Sur la traduction d'Urquhart, voir la très intéressante étude de 
M. L. Sainean [Revue des Etudes Rabelaisiennes , t. VII, 1909). 



ÉTUDES FRANÇAISES ^5 

faut-il que le titulaire lui-même n'ait point davan- 
tage, ha L ?... 

Hélas! pauvre Yorick! Je Tai connu, Horatio ; un 
être de farce infinie, de fantaisie très exquise ; il m'a 
porté sur son dos mille fois : et maintenant, combien 
ceci me répugne en mon imagination ! La gorge m'en 
lève ! Là pendaient ces lèvres que j'ai baisées je ne 
sais combien de fois. Où sont tes badineries mainte- 



i. There'a another : why may not that be the skull of a lawyer? 
Where be his quiddities now, his quillets, his cases, his tenures, 
and his tricks ? why does he suffer this rude knave now to knock 
him about the sconce witha dirtyshovel, and will not tell him ofhis 
action of battery ? Hum ! This fellow raight be in's tiine a great 
buyer of land, with his statutes, his recognizances, his fines, his 
double vouchers, his recoveries : is this the fine of his fines and 
the recovery ofhis recoveries, to hâve his fine pâte full offinedirt? 
will his vouchers vouch him no more of his purchases and double 
ones too, than the length and breadth of a pair of indentures? The 
very conveyances ot his lands will hardly lie in this box; and must 
the inheritor himself hâve no more, ha?... 

Alas, poor Yorick! 1 knew him Horatio : a fellow of infinité jest, 
of most excellent fancy : he hath borne me on his back a thousand 
times ; and now how abhorred in my imagination it is ! my gorge 
rises at it. Hère hung those lips that I hâve kissed I know not how 
oft. VVere be your gibes now? your gambols? your songs ? your 
flashes of merriment, that were wont to set the table on a roare ? 
Not one now, to mock your own grinning? quite chop-fallen? Now 
get you to my lady's chamber, and tell her, let lier paint an inch 
thick, to this favour she must corne... 

To what base uses we may return, Horatio : Why may not ima- 
gination trace the noble dust ot' Alexander, till he find it stopping a 
bunghole?... Alexander died, Alexander was buried, Alexander 
returneth into dust; the dust is earth; of earth we make loam ; and 
why of that loam, whereto he was converted, might they not stop a 
beer-barrel ? 

Imperious Caesar, dead and turn'd to clay. 
Might stop a hole to keep the wind away ; 
O, that that earth, which kept the world in awe, 
Should patch a wall to expel the winter's flawî 



20 ÉTUDES FRANÇAISES 

nant ? Tes gambades? Tes chansons? Tes éclats de 
joyeuseté qui . faisaient s'esclaffer toute la tablée? 
Pas une maintenant pour railler ta propre grimace? 
Quoi! tout à fait clique-mâchoire? Allons, va-t'en 
trouver milady dans sa chambre et dis-lui que, dût-elle 
mettre un pouce de fard, c'est à ce charme qu'il faut 
en venir... 

A quels vils usages nous pouvons retourner, 
Horatio ! Pourquoi l'imagination ne pourrait-elle 
relever la trace de la noble poussière d'Alexandre 
jusqu'à ce qu'elle la trouve bouchant un trou de 
bonde?... Alexandre est mort; Alexandre a été 
enterré, Alexandre retourne en poussière; poussière 
est terre ; de terre nous faisons argile; et pourquoi, 
de cette argile en laquelle il s'est mué, ne pourrait- 
on boucher une pipe de bière ? 

L'impérial César, mort, se tourne en argile, 
Et peut clore un pertuis à tous les vents ouverts ; 
Ah ! ce limon qui tint l'univers immobile 
Rapetasse un vieux mur contre bise d'hiver ! 

(V. I.) 

Nous sommes loin de cette précision avec Dumas 
et Meurice qui, tantôt escamotent purement et sim- 
plement la difficulté, tantôt ajoutent pour les besoins 
de la rime les moins pardonnables chevilles : 

Hamlet 

Un crâne encor; serait-ce à quelque homme de loi ? 
Et pourquoi pas ? Où sont maintenant ses finesses, 
Ses clauses, ses détours et ses délicatesses ? 
Avec un outil sale il se laisse cogner 
Par un vilain rustaud sans le faire assigner, 



ETUDES FRANÇAISES 

Tant il est pacifique ! Hélas, on le déterre 

Et peut-être c'était un gros propriétaire 

Avec titres, garants, droits, cautionnements, 

Hypothèques. La fin de ses accroissements 

Et de ses sûretés, c'est d'avoir, en échange 

D'un bel et bon cerveau, de belle et bonne fange !... 

Pauvre Yorick ! hélas ! 
Je l'ai connu; rieur, toujours prêt, jamais las. 
Un esprit si fertile ! une verve si drôle ! 
Il m'a plus de cent fois porté sur son épaule ! 
Et sa vue à présent me soulève le cœur. 
Où donc est cette lèvre au sourire moqueur 
Que j'ai cent fois baisée ? Où sont vos railleries, 
Vos chansons, vos éclairs et vos espiègleries 
Qui faisaient d'un festin un délire entraînant? 
Eh quoi ! pas un lazzi pour railler maintenant 
Votre grimace ? Eh quoi! plus rien! lèvre ni joue! 
Plus rien ! Pauvre Yorick, va faire aussi la moue 
Au miroir d'une belle, et là, dis-lui tout bas 
Tandis qu'elle s'occupe à doubler ses appas, 
Dis-lui, pauvre Yorick, dis-lui qu'elle a beau faire, 
Que le corps ici-bas appartient à la terre ! . . . 

A quelle fin grossière 
Nous pouvons arriver ! En suivant la poussière 
D'Alexandre le Grand en chaque état, — bientôt 
On peut la trouver cruche à la main d'un rustaud... 

... Tiens : Alexandre est mort; 
On le met au tombeau ; — là, tous en sont d'accord, 
Il redevient poussière : et la poussière est terre, 
Et la terre est argile, — et, sans plus de mystère, 
De ce limon qui fut Alexandre le Grand 
Un potier peut bien faire un pot, au demeurant ! 
L'impérial César, mort, redevenu boue, 
Va boucher une fente où la bise se joue, 
Et l'on replâtre un mur rongé par les hivers 
De l'argile qui tint en suspens l'univers! 



28 ÉTUDES FRANÇAISES 

Othello nous a valu des ouvrages d'un mérite 
inégal. Celui de Vigny est presque une adaptation : 
l'auteur de Chatterton s'y révèle beaucoup plus clas- 
sique que romantique et fait dans l'œuvre originale 
de larges coupures. Du moins, le style est-il celui 
d'un grand poète. 

Il y a aussi Y Othello de Jean Aicard, drame en cinq 
actes et en vers ; il ne mériterait pas qu'on s'y arrêtât 
longtemps si, en raison de son caractère quasi-offi- 
ciel, il n'avait durant plus de vingt ans bénéficié 
d'une sorte de privilège : c'est le seul Othello repré- 
senté à la Comédie-Française depuis 1901. Aussi, 
nombreux doivent être les spectateurs qui ne con- 
naissent le More de Venise que d'après cette version, 
et c'est fâcheux. Dans sa préface, Jean Aicard reproche 
à Vigny son manque d'audace ; mais lui-même fait 
preuve en maint endroit d'une timidité singulière. 
Nous rions de Ducis remplaçant le mouchoir de Des- 
démone par un bandeau; un siècle plus tard, l'auteur 
du Père Lebonnard n'ose pas encore montrer ce 
pauvre mouchoir tel qu'il est : 

... a handkerchiei 
spotted with strawberries... 

Ce « mouchoir brodé de fraises » devient dans 
l'édition de 1882 « un rare et beau mouchoir brodé 
de fleurs », et dans celle de 1899 « un mouchoir sin- 
gulier tout brodé de fraisiers en fleurs ». C'est là, 
d'ailleurs, le moindre défaut de cette œuvre cons- 



ETUDES FRANÇAISES 29 

ciencieuse mais insuffisante à laquelle manque, d'un 
bout à l'autre, le coup d'aile du lyrisme. 

En 1882, Louis de Gramont, qui devait plus tard 
traduire Roméo et Juliette de façon remarquable, fit 
représenter à l'Odéon un Othello de sa façon, adap- 
tation assez libre du chef-d'œuvre qui vise surtout à 
l'effet scénique. Le dénouement est resserré, les pas- 
sages difficiles sont supprimés ; en revanche, on y 
trouve des additions superflues et même de véritables 
contresens. Les deux vers célèbres sur la jalousie : 

It is the green-ey ? d monster which doth mock 
The méat it feeds on... 

sont ainsi rendus : 

Tenez la jalousie infernale à distance ! 

C'est le monstre nourri de sa propre substance ! 

Tout comme Aicard, Gramont recule à l'idée de 
montrer au public un mouchoir brodé de fraises : 

... Au fait, est-ce que votre femme 
N'avait pas autrefois un mouchoir d'une trame 
Très fine et parsemé de fleurs rouges ? 

Les parties familières du dialogue sont, en général, 
mieux rendues; mais l'expression, surtout dans les 
passages lyriques, demeure le plus souvent molle et 
incertaine. Si Ton veut une image exacte d'Othello, 
ce n'est point dans la version de Gramont, ni dans 
celle d'Aicard, qu'il faut l'aller chercher, mais dans 



3o ÉTUDES FRANÇAISES 

la traduction consciencieuse etfidèle à souhait publiée 
en 1904 par M. Alexandre Beljame l . 

Macbeth est mieux partagé et parmi les plus récents 
on en compte cinq qui servirent utilement la gloire 
de Shakespeare : celui de M. Maurice Maeterlinck, 
représenté en 1909 à Saint-Wandrille; celui de 
MM. J.-H. Rosny (publié sous le titre de Lady Mac- 
beth)-, celui de Jean Richepin, créé à la Porte-Saint- 
Martin en 1884 et repris trente ans plus tard au 
Théâtre-Français, dans lequel le poète des Blas- 
phèmes, entraîné par sa fougue romantique, a poussé 
parfois jusqu'au paradoxe le souci de couleur locale 
et de vérité 2 ; celui de M. Maurice Pottecher, qui ne 
serait pas déplacé à la Comédie-Française, et enfin le 
Macbeth de M. Jules Derocquigny. 

Les drames historiques, bien que moins favorisés, 
n'ont pas été oubliés. Antoine et Cléopâtre a inspiré 
à plusieurs shakespeariens, MM. Paul Jego (1888), 
Léon Morel (1904), Elzéar Rougier (1909) et André 
Gide (1920) d'intéressants ouvrages. M. Antoine en a 
représenté un certain nombre boulevard de Stras- 
bourg, puis à l'Odéon : Le Roi Lear de Pierre Loti et 
Emile Vedel (1904), plus lyrique dans sa prose sonore 
que tous les Roi Lear en vers du dix-neuvième 
siècle, le Jules César de Louis de Gramont qui avait 

1. Sur les traductions d'Othello, voir Othello in French, by Mar- 
garet Gilman (Paris, Champion, 1925). 

1. Par exemple lorsqu'il traduit their daggers... hreeclid wiih 
#orepar leurs poignards culottés de sang (II, 3); ou encore lorsqu'il 
donne au mot chuck (III, 2) appliqué à Lady Macbeth par son mari, 
un équivalent inattendu. 



ÉTUDES FRANÇAISES 3l 

adopté pour cette traduction comme pour celle qu'il 
écrivit de Roméo et Juliette, la prose rythmée afin de 
garder à sa pièce la souplesse du texte original ; 
Coriolan de M. Paul Sonniès (1910) ; enfin, Troïlus 
et Cressida d'Emile Vedel en 1 9 1 3 , — si tant est qu'on 
doive ranger parmi les pièces historiques cet ouvrage 
qui déconcertera toujours le public par son mélange 
de burlesque et de sérieux, plus apparent que dans 
toute autre pièce de Shakespeare. 

Il semble que depuis quelque temps Ton revienne 
aux comédies. Plus d'une fut portée à la scène ces 
dernières années , grâce aux efforts du regretté 
Camille de Sainte-Croix qui a traduit et fait jouer de 
1909 à 1912 dix pièces de Shakespeare avec une 
troupe formée par lui, et grâce à la « Société Shakes- 
peare » créée pour affermir les liens intellectuels qui 
unissent la France aux peuples de langue anglaise. 

C'est ainsi que La Mégère apprivoisée fut restituée 
au Théâtre Antoine, puis à FOdéon dans la version de 
M. de La Fouchardière, très libre certes, mais digne 
de l'original par sa verve truculente, et bien supé- 
rieure à celles de Raoul Jeudy (1890) et de Paul 
Delair (1894), qui se montrèrent de trop prudents 
adaptateurs 1 . M. de La Fouchardière a fait repré- 



1. A propos de la traduction publiée par Raoul Jeudy, Emile 
Faguet se plaignait que l'auteur lui eût donné pour titre La Mégère 
apprivoisée, au lieu de La Méchante mise à la raison (Le titre 
anglais est, on le sait, Taming of the Shrew), désignation adoptée 
par certains des traducteurs précédents. Faguet estimait que le mot 
Mégère implique l'idée d'une femme vieille et laide, ce qui n'est 
nullement le cas de Catharina. On pourrait ajouter que le mot 



32 ÉTUDES FRANÇAISES 

senter également Le Songe d'une Nuit d'été, dont il a 
rendu avec beaucoup de bonheur l'atmosphère de 
rêve et de fantaisie. M. Haraucourt et M. Lucien 
Népoty nous ont donné deux excellentes versions du 
Marchand de Venise ; Beaucoup de bruit pour rien 
fut versifié en 1897 par Louis Legendre ; M. Jacques 
Copeau a monté au Vieux-Colombier un Conte d" Hiver 
et une traduction du Soir des Rois dont M. Auguste 
Dorchain avait déjà tiré son délicieux Conte d'Avril. 

En 1888, M. Maurice Bouchor, le poète des Sym- 
boles et de L'Aurore, a fait applaudir une traduction 
de La Tempête en prose, et en vers pour les passages 
rimes dans le texte. Cette version un peu abrégée, 
mais non « allégée de moitié », comme l'a malicieu- 
sement insinué Jules Lemaître, est sans doute Tune 
des plus parfaites qu'on ait réussies de l'œuvre 
étrange et si attachante que Renan admirait au point 
de lui donner une suite. Sous le titre de Chansons 
de Shakespeare, M. Bouchor a publié d'autre part, en 
1895, un recueil où il a traduit et commenté tout ce 
qui se chante dans l'œuvre shakespearienne. 

Peut-être, en parcourant la liste de ces traductions, 
serait-on tenté de la trouver trop longue. A quoi 
bon, diront certains, recommencer la tâche qu'un 
autre a déjà accomplie d'une façon satisfaisante? Il 
semble que M. Maeterlinck, dans la préface de son 
Macbeth ait réfuté cette objection : 

taming (action de dompter) est fort mal rendu par l'adjectif appri- 
voisée. Petrucchio dompte son épouse rebelle par la force plutôt 
qu'il ne Y apprivoise. 



ÉTUDES FRANÇAISES 33 

Il serait assez inutile de tenter une version nou- 
velle (de Shakespeare) si l'accord sur le sens suffisait 
et si la beauté d'une traduction épuisait nécessaire- 
ment toutes les ressources de l'original. Mais il y a 
dans tout bon poète et, à plus forte raison dans le 
poète par excellence dont nous nous occupons, des 
régions où nul traducteur ne pénètre, et une foule de 
passages dont aucune version ne peut rendre la phy- 
sionomie, la musique, l'accent et la couleur. On 
n'imagine pas deux manières de traduire : Which of 
you hâve done this ? « qui de vous a fait ceci? »... ou : 
He has no children! « Il n'a pas d'enfants ! » Mais dès 
que l'expression n'est plus aussi nue, aussi matériel- 
lement irréductible... autant de traducteurs, autant 
de traductions. Prenons entre mille autres un exemple 
des plus brefs et des plus simples : ce sont deux vers 
de la dernière scène de l'acte III : 

Sir ange things I hâve in head that will to h and 
Which must be acted ère they may be scanrid. 

Ils ne paraissent ni bien difficiles ni bien compli- 
qués ; et cependant voyez que de nuances, de reflets 
et de mouvements divers dans le calque que s'effor- 
cent d'en donner les principaux traducteurs : 

« J'ai dans la tête d'étranges choses qui réclament 
ma main et veulent être exécutées avant d'être médi- 
tées », dit François-Victor Hugo. 

« Ma tête a des projets étranges qui réclament ma 
main ; achevons l'acte avant d'y réfléchir », traduit 
Maurice Pottecher. 

« J'ai dans la tête d'étranges choses qui passeront 
dans mes mains, des choses qu'il faut exécuter avant 
d'avoir le temps de les examiner », déclare Guizot. 

« J'ai dans ma tête d'étranges choses que ma main 

3 



34 ÉTUDES FRANÇAISES 

exécutera, et qui veulent être accomplies sans me 
laisser le temps de les peser », affirme Montégut. 

« Ma tète a des projets qu'exécutera ma main : je 
veux les accomplir de suite sans me donner le 
temps de les examiner de trop près », dit Benjamin 
Laroche. 

<( J'ai d'étranges projets en tête qui veulent être 
exécutés avant d'y réfléchir », résume un peu som- 
mairement Georges Duval. 

Il m'a semblé, à tort ou à raison, qu'on reprodui- 
rait plus exactement l'allure, la musculature et le 
rythme de l'original en traduisant : 

« J'ai dans la tête d'étranges choses qui aboutiront 
à ma main; et qu'il faut accomplir avant qu'on les 
médite 1 . » 

«... Les humbles traducteurs sont, devant Shakes- 
peare, comme autant de peintres assis devant la même 
forêt, la même mer ou la même montagne. Chacun 
d'eux en fera un tableau différent. Presque autant 
qu'un paysage, une traduction est un état d'âme. Au- 
dessus, au-dessous, tout autour du sens littéral et 
littéraire de la phrase primitive flotte une vie secrète, 
presque insaisissable et pourtant plus puissante que 

i. On remarquera cependant que malgré de légères nuances dans 
l'interprétation, les auteurs cités et M. Maeterlinck lui-même se 
trouvent d'accord sur le sens de ces deux vers. Or, M. Jules Deroc- 
quigny, le dernier en date des traducteurs de Macbeth, leur donne 
la signification suivante : 

« J'ai d'étranges desseins en tête que ma main 
Doit accomplir avant que nul en sache rien. » 

ce qui est bien différent quant au sens du membre de phrase ère they 
may be scann'd. Chose curieuse, M. Derocquigny rejoint Le Tour- 
neur qui traduisait : « J'ai dans la tête d'étranges projets, qui, de 
là, passeront dans mes mains; et il faut les exécuter avant qu'on 
puisse les pér>°trer », 



ÉTUDES FRANÇAISES 35 

la vie intérieure des mots et des images. C'est elle 
qu'il importe de comprendre et de reproduire de son 
mieux... » 



Au souvenir des traducteurs qui firent connaître 
en France l'œuvre shakespearienne, il convient d'as- 
socier celui des comédiens dont l'effort contribua, 
souvent pour une large part, à leur succès ; si les uns 
surent recréer avec des mots Othello ou Le Marchand 
de Venise, les autres ont fait vivre de leur propre 
vie Shylock, et Portia, et le More, et Desdémone. 

Mais si nos acteurs s'adaptèrent sans effort à des 
œuvres si nouvelles pour eux, c'est qu'ils avaient 
recueilli les traditions shakespeariennes des inter- 
prètes britanniques eux-mêmes. Dès la fin du dix- 
huitième siècle, en effet, il y eut de fréquents rap- 
ports entre les artistes français et leurs camarades 
d'outre-Manche. Garrick était l'ami de Préville et 
Talma fit plusieurs séjours à Londres. Une première 
fois, ses études achevées, il y accompagne son père 
qui allait ouvrir un cabinet de dentiste; bientôt, il 
se prend d'enthousiasme pour les acteurs anglais et 
c'est par eux que lui est révélé Shakespeare. En 
1817, à l'apogée de sa carrière, Talma retourne à 
Londres, etlorsqu'il rentre en France, son jeu, devenu 
sous l'Empire presque trop classique, évolue vers un 
art plus libre et plus varié-. On pourrait trouver des 

1. Voir M. Georges Lote : V Art de Talma [Correspondant^ 10 oc- 
tobre 1926). 



36 ÉTUDES FRANÇAISES 

exemples analogues durant tout le cours du dix- 
neuvième siècle. Ainsi les comédiens anglais ont 
exercé sur les nôtres une incontestable influence, et 
ce n'est pas sortir du cadre de cette étude que de dire 
quelques mots à leur sujet. 

En Angleterre, le culte du « grand Will » n'a 
jamais chômé : Betterton au dix-septième siècle, 
Charles Macklin et Robert Wilks dans la première 
moitié du dix-huitième, conservaient les traditions 
recueillies du poète lui-même par son ami William 
Davenant 1 . De 1741 à 1779, Garrick fit applaudir 
Hamlet, Othello et Le Roi Lear avec le concours de 
Mrs Cibber et de Mrs Pritchard. Après lui, John 
Kemble et Mrs Siddons, puis Mrs Davenport, 
Kean et Macready, — le premier « gentleman- 
acteur », — assurèrent une vogue nouvelle à ce 
répertoire 2 . 

En 1822, une troupe anglaise traversa la Manche et 
vint donner des représentations à Paris. Cette expé- 
rience ne fut pas heureuse et le public accueillit les 
acteurs par ces cris ingénus : « A bas Shakespeare! 
C'est un des aides de camp de Wellington ! » Quelques 
années plus tard, d'autres artistes sous la direction 



1. On sait que Shakespeare, tout comme Molière, interprétait 
lui-même ses pièces. Il tenait principalement l'emploi des « pères 
nobles » et remporta l'un de ses plus grands succès d'acteur dans le 
spectre tfHamlet. (Cf. M me Longworth-Chambrun : Shakespeare 
acteur-poète. Pion, 1926, p. 77). 

2. Voir Augustin Filon : Le Théâtre anglais (Paris, Calmann- 
Lévy, 1896) et Charles Hastings : Le Théâtre français et anglais 
(Paris, Firmin-Didot, 1900). 



ÉTUDES FRANÇAISES 37 

d'Abbott, du Théâtre Royal de Govent-Garden , 
parurent à l'Odéon puis salle Favart, cette fois avec 
un grand succès qui hâta l'avènement du drame 
romantique. Kemble dans Hamlet, Othello, Roméo; 
Terry dans Shylock; Miss Smithson dans Ophélie, 
dans Desdémone et dans Juliette, obtinrent les suf- 
frages des Parisiens; Miss Smithson, en particulier, 
pour qui tous les spectateurs avaient les yeux de 
Roméo et dont Berlioz s'amouracha au point de l'épou- 
ser. Elle devait mourir bientôt, après quelques années 
d'une union assez orageuse. 

Vers le milieu du dix-neuvième siècle, une pous- 
sée d'esprit puritain relègue à Londres le drame 
shakespearien dans les théâtres du faubourg, et c'est 
la petite scène de Sadler's Wells à Islington, dirigée 
par l'acteur Phelps, qui lui sert de refuge de i85o à 
1862. Douze ans plus tard, le 3i octobre 1874, Sir 
Henry Irving interprète pour la première fois et avec 
un immense succès Hamlet; il joue ensuite Othello, 
Macbeth et Richard III ", et prend en 1878 la direction 
de Lyceum Théâtre où il donne avec Miss Ellen Terry 
des représentations suivies pendant de longues 
années par l'élite du public anglais. Après lui, le 
flambeau passe aux mains de son fils, de Forbes 
Robertson, de Berbohn Tree, de Wilson Barrett, de 
Benson et de Mrs Sybil Thorndike. 

Nos artistes ont pu, d'ailleurs, confronter leur 
conception des rôles shakespeariens avec celle 
d'autres comédiens étrangers, puisqu'un grand acteur 
américain, Walter Hackett, a joué récemment Mac- 



38 ÉTUDES FRANÇAISES 

beth à TOdéon 1 . De même, les Italiens Rossi, Sal- 
vini, Novelli, Ermete Zaceoni, Ruggero Ruggeri et 
Adélaïde Ristori, l'Autrichien Alexandre Moïssi, se 
sont fait applaudir à Paris dans diverses pièces du 
grand poète. 

En France, les artistes les plus renommés tinrent 
à honneur de jouer Shakespeare. On sait que les 
adaptations de Ducis eurent pour interprète Talma, 
Mole, Larive. Vigny confia le principal rôle & Othello 
à Joanny, le créateur de Ruy Gomez de Silva ; plus 
tard, le farouche More nous apparut sous les traits 
de Taillade et de Mounet-Sully. D'autres encore ont 
incarné quelques-unes des grandes figures portées 
à la scène par Shakespeare. Citons : M lle Mars 
(Desdémone); Beauvallet, Antoine, de Max (Lear); 
Chelles et Paul Mounet (lago); Leloir, Lambert père, 
Gémier (Shylock) ; Réjane (Portia) ; Joubé (Roméo); 
M mes Ventura et Piérat (Juliette); Coquelin et Albert 
Lambert fils (Petrucchio) ; Duquesne (Jules César); 
Sylvie (Cressida). 

Mais c'est surtout ce chef-d'œuvre insatiable qui, 
suivant le mot de Rostand, « s'est annexé tous les 
rêves des hommes », c'est surtout Hamlet qui attire 
les comédiens. On sait l'effet foudroyant que Talma 
y obtenait. Après lui, Fechter, le créateur de La 

i. C'est en 1827 que Ton vit pour la première fois un acteur amé- 
ricain, James Hackett, interpréter un ouvrage de Shakespeare 
[Richard III). Il joua également les rôles de Falstaff et d'Henry IV. 
Plus récemment, Edwin Forrest, Miss Charlotte Cushmann, Mac 
Kean, Edwin Booth et John Barrymore furent aux Etats-Unis les 
dignes interprètes de ce répertoire. 



ÉTtDES FRANÇAISES 3g 

Dame aux Camélias, le joua en Angleterre vers i865. 
A la même époque, M rao Judith (Julie Bernât, femme 
de Charles Bernard-Derosne) s'y essaya à la Gaîté 
et y montra, à défaut de vigueur, une rare intelli- 
gence et une ironie saisissante. En 1886, Philippe 
Garnier paraissait à la Porte-Saint-Martin dans 
YHamlet de Gressonnois et Samson, tandis que 
Mounet-Sully reprenait à la Comédie-Française, dans 
l'adaptation de Dumas et Meuriee, le rôle du prince 
de Danemark créé au Théâtre Historique en 1847 
par Rouvière. Si remarquable qu'eût été ce dernier 
(affligé d'une taille exiguë et d'un physique ingrat, 
il rachetait ces imperfections par une flamme et une 
puissance extraordinaires), Mounet le dépassa de 
loin. Ceux qui ont vu son Hamlet de si grand style, 
image vivante de l'inquiétude humaine, en ont gardé 
un souvenir que les années n'effaceront pas 1 . 

Unissant l'intelligence la plus pénétrante et la plus 
minutieuse au plus fougueux lyrisme, de Max incarna 
en tournée YHamlet de Sclvwob, il devait le jouer sur 
la scène du Théâtre-Français quand la mort inter- 
rompit prématurément sa carrière. 

Sarah Bernhardt, qui avait été Ophélie avant d'être 
Hamlet, campa dans la même adaptation un prince 
blond et lymphatique plus proche de Lorenzaccio 
que du personnage peint par Shakespeare. Enfin, 



1. C'est dans une autre pièce de Shakespeare, dans Le Roi Lear 
(traduction de Jules Lacroix), que Mounet-Sully avait débutéàl'Odéon 
le 6 avril 1868. Il y tenait le rôle de Cornouailles, l'un des gendres 
du vieux roi. 



4o ÉTUDES FRANÇAISES 

M me Suzanne-Desprès (Théâtre Antoine, 1913) a 
magistralement souligné le manque d'équilibre entre 
la pensée du héros et ses moyens d'action qui est le 
ressort même du drame. 

Peu de spectateurs se souviennent encore que 
Lucien Guitry, Facteur moderne par excellence, a 
joué Macbeth avant déjouer Samson. C'était à l'Odéon 
en 1892, dans l'adaptation de Georges Clerc, et cet 
essai passa presque inaperçu. Un autre Macbeth, 
celui de Jean Richepin, fut créé par Marais en 1884 
et repris en 1914 par Paul Mounet qui dessina une 
rude et superbe figure d'aventurier. Près de lui, 
M me Bartet, — la Bérénice idéale, — incarnait, grâce 
aux ressources incomparables de son art, une Lady 
Macbeth d'autant plus terrible que son ambition sans 
frein s'enveloppait d'une séduction plus grande. 
Autant de cas où comédiens et traducteurs ont étroi- 
tement collaboré. 



Et maintenant une question se pose. Quel est le 
devoir du traducteur de Shakespeare ? Doit-il trans- 
crire en français, littéralement, le texte original ou, 
au contraire, faire œuvre personnelle, élaguer, 
resserrer ? En d'autres termes, faut-il traduire ou 
adapter ? C'est un point sur lequel les critiques 
n'ont pu se mettre d'accord et le problème n'est 
pas de ceux que Ton résout facilement. Sans 
doute n'en sommes-nous plus à penser, avec Ducis 



ÉTUDES FRANÇAISES 4 1 

et Voltaire, qu'il faut « peigner le monstre » , donner 
aux terribles fauves qui rugissent dans la forêt 
shakespearienne l'allure paisible et un peu ridicule 
de moutons enrubannés ; mais on peut se demander 
si, dans l'intérêt même de l'œuvre, il n'est pas 
opportun d'y pratiquer parfois quelques coupures, 
d'en retrancher ce qui choque le goût français, ou 
plutôt, — car le goût français de nos jours en a vu 
bien d'autres, — de supprimer les détails qui por- 
tent trop visiblement la marque de l'époque et pren- 
nent à nos yeux l'aspect d'une mousse parasite 
poussée dans les angles du gigantesque monument. 
Lorsque Louis de Gramont fit jouer à TOdéon, en 
191 1, sa version intégrale de Roméo et Juliette, les 
spectateurs purent se rendre compte que certains pas- 
sages du chef-d'œuvre étaient franchement ennuyeux. 
Sans parler des obscénités 1 qui fourmillent dans les 
rôles de Mercutio et de la Nourrice, et des fameux 
« jeux de mots intraduisibles en français » dont 
toutes les pièces de Shakespeare contiennent une 
ample provision, on éprouve un peu de lassitude à 

i. Vigny écrit à ce propos dans l'une des notes de son Othello: 
a Je ne pense pas que personne regrette les expressions par trop 
énergiques dont se sert Yago... Tous les acteurs célèbres de l'An- 
gleterre retranchent habituellement les paroles trop libres. Ce n'est 
pas dans quelques mots grossiers qui ne sont plus tolérés dans notre 
Molière, que réside le génie des grands poètes... » C'est fort bien 
dit, mais dans certaines pièces de Shakespeare, comme Les Joyeuses 
Commères de Windsor, ce n'est pas seulement « quelques mots 
grossiers », mais bien des répliques, sinon des scènes tout entières, 
qu'il faudrait supprimer ou remanier. Il semble, au surplus, que 
Vigny, dans Othello, ait poussé un peu loin le souci de ne point 
blesser la délicatesse des spectateurs. 



42 ETUDES FRANÇAISES 

entendre les Gapulet et les Montaigu faire, bien 
hors de propos, assaut d'esprit dans les plus tragi- 
ques circonstances, à voir s'épanouir sur leurs lèvres 
toute une floraison de métaphores et de concettis qui 
enchantaient peut-être les contemporains d'Elisabeth, 
mais dont l'abus paraît aujourd'hui insupportable. 
Juliette elle-même ne laisse pas de nous impor- 
tuner lorsqu'elle s'écrie en apprenant la mort de 
Tybalt 1 : 

O cœur de serpent dissimulé sous une figure en 
fleurs ! Jamais dragon garda-t-il une caverne plus 
belle ? Merveilleux tyran ! Angélique démon ! Cor- 
beau aux plumes de colombe ! Agneau ravisseur de 
loups ! Méprisable matière de la plus divine appa- 
rence ! Juste l'opposé de ce qu'il semblait si véri- 
tablement être : un saint damné, un honorable 
vilain ! 

Ces gentillesses et bien d'autres du même genre 
mériteraient le nom de galimatias s'il était permis 
d'employer ce vocable en parlant de Shakespeare. De 
même, dans Le Roi Jean, la terrible scène où Hubert 
se prépare à aveugler le jeune Arthur avec un fer 
rouge est gâtée par des traits du goût de ceux-ci : 



i. Bornéo et Juliette, III, i : 

O serpent heart, hid with a flowering face ! 
Did ever dragon keep so fair a cave ? 
Beautiful tyrant! fiend angelical ! 
Dove-feather'd raven ! wolvish-ravening larab ! 
Despised substance of divinest show! 
Just opposite to what thou justly seem'st, 
A damned saint, an honourable villain ! 



études françaises 4^ 

Hubert 

Est-ce là ce que vous m'avez promis ? Allons, 
retenez votre langue. 

Arthur 

Hubert, deux langues ne sont pas de trop quand 
il s'agit de plaider pour deux yeux... Oh ! épargnez 
mes yeux ! Je ne m'en servirai que pour vous regarder! 
Tenez, le fer s'est refroidi pour ne pas me faire mal ! 

Hubert 
Je puis le réchauffer, enfant. 

Arthur 

Non. Le feu est mort de chagrin, de se voir, lui 
qui a été créé pour notre bien-être, employé à d'in- 
justes violences... Si vous le ranimez, s'il rougit à 
nouveau, ce sera de honte 1 . 

Il ne faut pas oublier qu'en Angleterre même, où le 
culte de Shakespeare est autrement vivace que chez 
nous, on ne donne de représentation intégrale 
d'aucune de ses œuvres; la longueur de certaines 
d'entre elles suffirait, d'ailleurs, à rendre impossibles 
de telles représentations. Il est d'usage, ainsi le veut 
la tradition, d'y faire des coupures plus ou moins 

i. Le Roi Jean, IV, I : 

Hubert 
Is this your promise? Go to. hold your tongue. 

Arthur 

Hubert, the utterance of a brace of longues 

Must needs want pleading for a pair of eyes, etc.. 



44 ÉTUDES FRANÇAISES 

importantes suivant les pièces 1 . Nous aurions mau- 
vaise grâce à nous montrer sur ce point plus exigeants 
que les Anglais. 

Mais il ne faudrait rien exagérer; s'il semble néces- 
saire d'admettre le principe de l'adaptation, on ne 
saurait se montrer trop prudent dès qu'il s'agit de 
remanier Pœuvre shakespearienne. Il faudrait craindre 
par-dessus tout les ambitieux auxquels le rôle de tra- 
ducteur ne suffit pas et qui, sous prétexte de mise au 
point, prétendent collaborer avec l'auteur d'Hamlet; 
sans remonter jusqu'à Ducis, il ne serait pas difficile 
de trouver des adaptations dont la liberté excessive 
eût attiré les foudres du terrible Barbey. Pour n'en 
citer qu'une, La Mégère apprivoisée de Paul Delair, 
représentée à la Comédie-Française, offre un exemple 
bien caractéristique de ce fâcheux travers : rien ou 
presque rien ne subsiste dans cet ouvrage correct 
des qualités de l'original; la folle et profonde fan- 
taisie de Shakespeare y est remplacée par un comique 
de bon aloi, discret, si discret qu'il en devientpresque 
insaisissable. On pourrait sans peine mnltiplier les 
exemples de ces déplorables mutilations. 

Une adaptation maladroite peut donc offrir autant 
d'inconvénients qu'une traduction trop fidèle, et c'est 
avec raison que Guizot écrivait en i852, dans la 
préface de Shakspeare et son temps : « Lorsque 



i. En Angleterre, on est allé plus loin encore, puisque à plusieurs 
reprises l'on a pu voir à Londres Hamlet représenté en costumes 
du vingtième siècle. (Cf. notamment Comœdia, 3 septembre 1925, et 
Revue Hebdomadaire, 20 [août 1927.) 



ÉTUDES FRANÇAISES 4$ 

ShalcSpeare passe d'Angleterre en France, si on le 
traduit avec scrupule, ses défauts deviennent, sous 
son vêtement nouveau, plus apparents et plus cho- 
quants qu'ils ne Tétaient sous sa forme natale, tandis 
que si Ton essaye d'adapter son langage au génie de 
notre langue, on lui enlève une partie de sa richesse, 
de sa force et de son originalité 1 . » En effet, si Sha- 
kespeare ne fut admis chez nous qu'après tant de 
luttes, c'est qu'il différait de nos auteurs plus encore 
par l'esprit que par l'idiome; il était bien plus loin 
d'un français du dix-huitième siècle que Dante ou 
que Cervantes. Dans le pays de Racine, de La Fon- 
taine et de Marivaux, on a longtemps apprécié la 
mesure par-dessus tout et préféré, — était-ce un si 
grand tort? — le charme des demi-teintes aux vio- 
lences même superbes des coloristes hardis. De nos 
jours encore, un spectateur français a quelque peine 
à admettre sans initiation préalable ce prodigieux 
mélange de tragique et de burlesque, ces tueries 
alternant avec des dialogues d'une préciosité raffinée, 



i. Sous ce titre : Pour qu on joue Shakespeare, M. A. Koszul a 
publié dans le Bulletin de V Association Guillaume Budé (n° 17, 
octobre 1927) une très intéressante étude. Jusqu'ici, remarque-t-il, 
la plupart des traducteurs de Shakespeare n'ont eu en vue que la 
fidélité au sens, sans se préoccuper suffisamment de la fidélité à la 
forme : « Un Shakespeare entièrement en prose n'est pas moins 
défiguré, à ce point de vue, qu'un Shakespeare entièrement rimé. » 
Pour atteindre cette fidélité formelle, M. Koszul préconise l'emploi 
du vers blanc, apte par sa souplesse à s'adapter plus étroitement 
au texte original. Il cite à ce propos plusieurs exemples caracté- 
ristiques tirés du Macbeth de M. Derocquigny, et conclut : « Oui, 
qu'on joue Shakespeare, mais qu'on le chante aussi, et sur un mode 
aussi proche que possible du sien propre. » 



46 ÉTUDES FRANÇAISES 

ces drames atroces traversés d'éclats de rire, ces 
bouffonneries qui dépassent parfois en crudité les 
saillies les plus osées de Rabelais lui-même 1 . 

On peut cependant concilier, dans une certaine 
mesure, les deux systèmes opposés. Ne considérons 
aucune traduction comme à toutes fins, — car la 
relativité s'impose partout aux êtres très relatifs que 
nous sommes, — et distinguons celle qui cherche à 
contenter Térudit, le lettré, et qui n'a le droit de rien 
omettre, et celle qui s'adresse au public pour le faire 
profiter sans effort du plaisir que donne le grand 
dramaturge. Au théâtre, la traduction trop exacte 
est presque toujours intolérable et ne sert point la 
gloire de Shakespeare 2 ; mieux vaut encore une 



i. Jules Lemaître, que l'on ne saurait cependant accuser d'être un 
esprit étroit, n'a jamais pu admettre complètement le génie de Sha- 
kespeare ; en particulier, il déclare son comique « inepte ». (Voir 
Impressions de Théâtre, Paris, Boivin, 3 e série, p. 45 et suiv., et 
5 Ô série, p. 264 et suiv.). Et Robert de Fiers écrivait à propos 
d'Othello : « Othellori est point parmi les chefs-d'œuvre de Shakes- 
peare; un grand enfantillage dans l'aménagement des circonstances 
en refroidit l'intérêt. On ne pleurera jamais dans le mouchoir de 
Desdémone. » (Essais de critique, Paris, Flammarion, p. 3a.) 

1. Quand, par exemple, M. Derocquigny traduit littéralement le 
vers de Macbeth (IV, 1) : 

Son : Thou liest, thou shag-eard villain ! 
First murderer : what, you egg ! 

par : 

Le Fils : Tu mens, oreille velue ! 

Premier meurtrier : Attends, attends, œuf! 

il a raison, car c'est là le sens exact ; mais, à la scène, l'étrangeté de 
ces épithètes ne manquerait pas de faire sourire, et il est d'usage 
de les remplacer dans les versions destinées à être jouées, par des 
équivalents qui varient suivant les traducteurs, 



ÉTUDES FRANÇAISES 4? 

« belle infidèle », à condition qu'elle soit vraiment 
belle et qu'elle ne pousse pas trop loin l'infidélité. 
Vigny pour son Othello tronqué mais d'une si haute 
tenue littéraire, et M. Beljame pour son Othello 
injouable mais d'une exactitude scrupuleuse, ont 
également droit à notre gratitude. 

Cette gratitude, au surplus, ne la marchandons à 
aucun de ceux qui se sont efforcés de rendre intelli- 
gible aux Français, tout ou partie de ce monde qu'est 
le théâtre de Shakespeare. Même chez les plus 
médiocres, même chez le bon Ducis, en dépit de sa 
Frédégonde, de son Hédelmone, de son « Kermadeuc 
vieillard breton », nous retrouvons un reflet du 
génie qui enfanta Le Roi Lear et Hamlet. Malgré la 
faiblesse d'un orchestre de second ordre, une sym- 
phonie de Beethoven ne saurait perdre toute sa 
puissance; ainsi dans chaque traduction de Sakes- 
peare revit un peu de son œuvre, de cette œuvre à 
laquelle on n'en peut opposer nulle autre, de cette 
œuvre où gronde le rire formidable des dieux de 
l'Olympe, où soupire la passion la plus tendre, où 
sanglote le plus farouche désespoir, où se joue la 
plus divine fantaisie qui ait jamais bercé les rêves 
des hommes. 



BIBLIOGRAPHIE 



LISTE CHRONOLOGIQUE DES TRADUCTIONS 
ET ADAPTATIONS FRANÇAISES DE SHAKESPEARE 

I. — Œuvres complètes et œuvres choisies. 

Le Théâtre Anglois, traduit par An|ne de la Place, Londres 
1746, 8 vol. ^ 

Shakespeare traduit de l'anglois, dédié au Roi, par le comte de 
Catuelan, Le Tourneur et Fontaine Malherbe. Paris chez la 
veuve Duchesne, Musier, Nyon, La Combe, Ruault, Le Jay Clou- 
sier, 1776-1783, ao vol. *' 

Œuvres complètes de Shakespeare, traduites de l'anglais par 
Letourneur, nouvelle édition revue et corrigée par F Guizot et 
A(médée) P(ichot), traducteur de Lord Byron, précédée d'une 
notice biographique et littéraire sur Shakespeare, par F Guizot 
Paris, chez Ladvocat, 1821, i3 vol. 

Œuvres de Shakespeare, traduites de l'anglais par Letourneur 
nouvelle édition corrigée et augmentée des commentaires de Vol- 
taire et de La Harpe. Paris, Brissot-Thivars, 182 j -1822 12 vol 

Chefs-d'œuvre de Shakespeare, traduits conformément au texte 
original en vers blancs, en vers rimes et en prose, suivis de Poésies 
diverses par ieu A. Bruguière, baron de Sorsum, membre de la 

1. Les ouvrages mentionnés dans cette bibliographie figurent 
dans les collections réunies par M. Auguste Rondelà la Bibliothèque 
de 1 Arsenal, qui ofïrent aux amateurs de théâtre des sources de 
documentation inépuisables. 



00 ETUDES FRANÇAISES 

Société Asiatique de Paris, de la Société Royale de Gottin- 
gue, etc., revus par M. de Chênedollé. Paris, Docdey-Dupré père et 
fils, 1826, 2 vol. 

Tome premier : La Tempête, Macbeth. Tome second : Coriolan, 
Le Songe d'une Nuit d'Eté. 

Œuvres dramatiques de Shakespeare, traduites de l'anglais par 
Letourneur, nouvelle édition précédée d'une notice biographique et 
littéraire par M. Horace Meyer, traducteur des œuvres de Schiller, 
et ornée du portrait de Shakespeare gravé sur acier. Paris, Amédée 
Saintin, i834-i835. 

Chefs-d'œuvre de Shakespeare (Jules César, La Tempête, Ri- 
chard III, Roméo et Juliette, Le Marchand de Venise, Othello, Ham- 
let, Macbeth), la traduction française en regard, par MM. Nisard, 
Lebas et Fouinet, avec des imitations en vers français par MM. A. de 
Vigny, Emile Deschamps, L. Halévy, J. Lacroix, de Wailly, et 
M me Louise Colet, et des notices critiques et historiques par 
D. O'Sullivan, directeur de la Bibliothèque anglo-française, profes- 
seur au Collège Roval de Saint-Louis. Paris, Belin-Mandar, 1837- 
1839, 3 vol. 

Œuvres complètes de Shakespeare, traduction entièrement revue 
sur le texte anglais par M. Francisque Michel et précédée de la Vie 
de Shakespeare par Woodsworth. Paris, H. Delloye (Panthéon litté- 
raire), 1839, 3 vol. 

Œuvres dramatiques de Shakespeare, traduction entièrement 
nouvelle par Benjamin Laroche, précédée d'une Introduction sur le 
génie de Shakespeare par Alexandre Dumas. Paris, Marchant, édi- 
teur du Magasin Théâtral, 1839- 1840, 2 vol. 

Id., nouvelle édition. Paris, Librairie de Ch. Gosselin, 1842-1843, 
7 vol. 

Beautés morales de Shakespeare, traduction en vers français avec 
le texte en regard par Edouard Roger, professeur de langue et de 
littérature anglaises au Collège royal de Saint-Louis. Paris, Paulin, 
1842. (Hamlet, Macbeth, Le Roi Lear, Coriolan, Jules César, 
Roméo et Juliette, Othello, Le Roi Jean, Henry VI, i rQ et 2 parties, 
Richard III, Henry VIII.) 

Œuvres complètes de W. Shakespeare, François-Victor Hugo 
traducteur. Paris, Pagnerre, 1 859-1 865, i5 vol. 

Id., nouvelle édition, Alphonse Lemerre, 1875, 16 vol. 

Œuvres complètes de W. Shakespeare, François-Victor Hugo tra- 
ducteur : Les Apocryphes (Titus Andronicus, Une Tragédie dans 
VYorkshire, Les deux nobles Parents, Périclès, Edouard III, Arden 
de Feversham, La Tragédie de Locrine, le fils aine du Roi Brutus 9 
La Vie et la Mort de Thomas Lord Cromwell, Le Prodigue de 



ÉTUDES FRANÇAISES 5l 

Londres, La Puritaine ou la Veuve de Watling- Street). Paris, 
Pagnerre, 1866, 3 vol. 

Œuvres complètes de Shakspeare, traduction de M. Guizot, nou- 
velle édition entièrement revue avec une étude sur Shakspeare, des 
notices sur chaque pièce et des notes. Paris, Didier, 1860-1862, 
8 vol. 

Œuvres complètes de Shakespeare, traduites par Emile Montégut 
et richement illustrées de gravures sur bois. Paris, Librairie de 
L. Hachette, 1867-1870, 3 vol. 

Chefs-d'œuvre de Shakespeare, traduction en vers par M. Alcide 
Cayrou, avec une Introduction de M. Mézières, de l'Académie 
Française, ouvrage orné d'un portrait de Shakespeare gravé à Peau- 
forte par Rajon. Paris, E. Pion et C ie , 1876, 2 vol. 

(Hamlet, Macbeth, Othello, Roméo et Juliette.) 

Œuvres choisies de Shakespeare, traduites par M. Letourneur et 
augmentées d'une préface par M. Dupontacq, professeur (Jules 
César, Hamlet et Macbeth). Paris, Berche et Tralin, 1881. 

Shakespeare, traduit par un Marin. Toulon, A. Isnard, 1886-1893, 
3 vol. 

T. I : Roméo et Juliette, Le Marchand de Venise, La Tempête, 

T. II : Hamlet, Othello. 

T. III : Macbeth, Le Roi Lear, 

OEuvres de William Shakespeare, traduction nouvelle avec bio- 
graphie, notes et glossaire par Jules Lermina, précédée d'une lettre 
de Victorien Sardou, de l'Académie Française, illustrations de 
A. Robida, tome 1, seul paru (Hamlet, Roméo et Juliette , Macbeth, Le 
Songe dune Nuit d'Eté, Othello, Les Joyeuses Commères de Wind- 
sor). Paris, Le Boulanger, 1898. 

Œuvres de Shakespeare, illustrées d'un portrait de Shakespeare 
et de 9 gravures hors texte de Westal, Hamilton, Smirke, etc., 
d'après l'édition anglaise (London, 1791-1802), traduction de Letour- 
neur, revue par Ch. Yogel, éditée spécialement pour les Magasins 
du Bon Marché, par A Deslinières, 1899, 2 vol. 

Association Philotechnique. Répertoire des Lectures populaires : 
Shakespeare : 

Premier volume : Macbeth, Le Roi Lear, scènes choisies, traduites 
et présentées par Maurice Bouchor, en vente au siège de l'Asso- 
ciation Philotechnique et à la Librairie Hachette. Paris, 1901. 

Deuxième volume : La Tempête, Cymbeline (scènes traduites et 
présentées par Maurice Bouchor) et Le Songe dune Nuit d'Été 
(scènes traduites par Emile Legouis), même éd., 1902. 

Lectures littéraires : Pages choisies des grands écrivains. Shakes- 
peare, traduction nouvelle et introduction par Emile Legouis (pages 



j>2 ETUDES FRANÇAISES 

choisies extraites des Sonnets et de dix-huit pièces de Shakespeare). 
Paris, Armand Colin, 1907. 

Œuvres dramatiques de William Shakespeare , traduction entière- 
ment conforme au texte anglais par Georges Duval. Paris, Flamma- 
rion, 1908, 8 vol. 

Œuvres de Shakespeare, nouvelle traduction conforme au texte 
anglais par J.-H. Rosny, de l'Académie Goncourt (Hamlet, Lady 
Macbeth, Beaucoup de bruit pour rien). Paris, Société française 
d'Imprimerie et de Librairie, Ancienne Librairie Lecène. Oudin et 
C Ie , 1909. 

Œuvres choisies de Shakespeare, traduction et notices par Georges 
Roth, Agrégé de l'Université. Paris, Bibliothèque Larousse, 1913, 

T. I : Roméo et Juliette, Le Songe d'une Nuit d'Eté, Le Marchand 
de Venise. 

T. II : Le Roi Jean, Le Rçi Henri LV, La Mégère domptée, Comme 
il vous plaira. 

T. IIII : Beaucoup de bruit pour rien, Le Soir des Rois (extraits), 
Jules César, Hamlet. 



THEATRE SHAKESPEARE 
FONDÉ PAR CAMILLE DE SAINTE-CROIX (1909-1911) 

I er spectacle (11 décembre 1909) : Conte d 1 Hiver. 

i e spectacle (5 janvier 1910) : Troïlus et Cressida. 

3 e spectacle (19 janvier 19 10) : Le Songe d'une Nuit d'été. 

4 e spectacle (9 février 1910) : Cymbeline. 

5 e spectacle (9 mars 1910) : Comme il vous plaira. 

6 e spectacle (6 avril 19 10) : Les Joyeuses Commères de Windsor. 

7 e spectacle (3 mai 1910) : La Tempête. 

8 e spectacle (16 janvier 191 1) : L'Ecole des pies-grièches (La 
Mégère apprivoisée). 

9 e spectacle (i er mars 191 1) : Peines d'Amour perdues. 

10 e spectacle (3 mai 1911) : Le Marchand de Venise. 

Toutes ces pièces, traduites par Camille de Sainte Croix furent 
représentées, savoir : les neuf premières salle Femina et la dixième 
au Trocadéro. 

M. Rondel possède les manuscrits originaux des Joyeuses Com- 
mères de Windsor, de L'Ecole des pies-grièches, et du Songe d'une 
Nuit d'Eté ainsi que celui d'une autre pièce également traduite par 
Camille de Sainte Croix et non représentée : Antoine et Cléopâtre. 

Collection Shakespeare , publiée sous la direction de M. A. Koszul. 



ÉTUDES FRANÇAISES 53 

professeur à l'Université de Strasbourg. Textes anglais et français 
en regard : 

Macbeth (traduction de M. Jules Derocqnigny), 

Les Sonnets (traduction de M. Charles-Marie Garnier). 

Comme il vous plaira (traduction de M. Lucien Wolff). 

Le Soir des Rois (traduction de M. Félix Sauvage). 

Le Marchand de Venise (traduction de M me Lebrun-Sudry). 

Roméo et Juliette (traduction de M. A. Koszul). 

Troilus et Cressida (traduction de M. René Lalou). 

Hamlei (traduction de M. Jules Derocquigny) . 

Antoine et Cléopâtre (traduction de M. Georges Lambin). 

La Tempête (traduction de M. Joseph Aynard). 

Paris, J. M. Dent et fils et Société des Belles-Lettres, 19*23-1927, 
10 vol. (voir, pour chacun de ces ouvrages, à la rubrique : Pièces 
diverses). 



II. — Analyses et fragments. 

Quelques pensées de Shakespeare (Essais d'un jeune Barde, par 
Charles Nodier). Paris, chez M mô Cavanagh et à Besançon, chez 
M. Deis, an XII (1804). 

Essais littéraires sur Shakespeare, ou Analyse raisonnée scène 
par scène de toutes les pièces de cet auteur, par M. PaulDuport. A 
Paris, chez Constant Le Tellier fils, 1828. 

Précis des Pièces dramatiques de W. Shakespeare avec obser- 
vations et notices par N. P. Chaulin, traducteur de Jane Shore/de 
chefs-d'œuvre du Théâtre anglais..., etc. Paris, typographie de J. 
Pinard, 1829. 

« Analyse des pièces de Shakespeare, comme on lit dans un feuil- 
leton l'analyse d'une pièce nouvelle, après les représentations des 
comédiens anglais qni ont réveillé ou fait naître le goût de la litté- 
rature britannique. » 

Penserosa, Poésies nouvelles par M me Louise Colet. Paris, 
H.-L. Delloye, 1840. (Plusieurs fragments traduits ou imités de Sha- 
kespeare). 

Le Mémorial de W. Shakspère (sic), Contes shakespériens par 
Charles Lamb, traduits de l'anglais par M. Alphonse Borghers, 
avec une Introduction par M. Philarète Chasles, précédée d'une Vie 
de Shakspère et de Lamb par M. Amédée Pichot (frontispice et 
21 figures). Paris, Baudry, 1842. 

Ta., Types et scénarios des Comédies de Shakespeare (Taies from 
Shakespeare by Ch. Lamb), par Raoul Jeudy, professeur agrégé de 



f>4 ETUDES FRANÇAISES 

l'Université, avec illustrations. Paris, Librairie Générale de Vulga- 
risation, s. d. 

Id., Charles Lamb : Les Contes de Shakespeare (Le Songe d'une 
Nuit d'été. Le Marchand de Venise, Hamlet, Macbeth, Le Roi Lear, 
La Mégère apprivoisée, Roméo et Juliette, Othello), illustrations 
de Henry Morin, traduction et préface deTéodor de Wyzewa. Paris, 
Librairie Kenouard, Henri Laurens, 1913. 

Etudes sur Shakespeare, par Ernest Prarond. Paris, Michel 
Lévy frères, i853 : Les Français en Angleterre (King John), Les 
Joyeuses Bourgeoises (Merry Wives). 

Shakespeare, Poème dialogué entre Brutus et Porcia, Roméo et 
Juliette, Lear, Kent et le fou, Titania et les fées (Poésies complètes 
de M me Amable Tastu, nouvelle édition. Paris, Didier et C ie , i858). 

L'Année Shakespearienne. Pensées tirées des œuvres complètes 
de Shakespeare (plusieurs pensées pour chaque jour de l'année) par 
la Duchesse I. de La Hoche Guyon. Paris, Librairie Fischbacher, s. d. 

Répertoire de Shakespeare, Lectures et Commentaires par Jane 
Brown, avec une Préface de M. Ferdinand Brunetière (Richard III, 
Le Marchand de Venise, Cymbeline, Jules César, Le Roi Lear). 
Paris, Emile Perrin, i885. 

Id., Répertoire de Shakespeare, Lectures et Commentaires par 
M lle Blaze de Bury, avec une Préface de M. Ferdinand Brunetière, 
ouvrage adopté par le Ministère de l'Instruction publique pour les 
bibliothèques pédagogiques et les bibliothèques populaires. Paris, 
Perrin et C le , 1888. 

Poésies, par le D r A. Lamiral, à Chaumont (Haute-Marne), 1887 : 
Fragments traduits de Shakespeare (Macbeth, Hamlet, Othello, 
Jules César). 

Profils shakspe ariens (Cléopâtre, Lady Macbeth, Juliette, Béatrix), 
conférences par M lle Blaze de Bury. Paris, Perrin et C ie , 189 1. 

Shakespeare raconté à la Jeunesse, par Charles Simond, Lauréat 
de l'Académie Française, orné de 26 compositions. Librairie d'Edu- 
cation de la Jeunesse, 7, rue des Canettes, Paris, s. d. 

Anthologie du théâtre de Shakespeare (traduction française), 
avec arguments, analyses, notes par R. Lebelle. Collection « Pal- 
las », Paris, Delagrave, s. d. 



III. — Pièces diverses. 

i° Antoine et Cléopâtre 

Marc-Antoine, drame en quatre actes en vers (Poèmes sympho- 
niques, par Paul Jego). Paris, Imprimerie nouvelle, 1888. 



ÉTUDES FRANÇAISES 55 

Antoine et Cléopâtre, drame de Shakespeare, traduit en vers fran- 
çais par Léon Morel. Paris, Hachette et C io , 1904. 

Antoine et Cléopâtre, drame en trois actes, en vers, d'après Shakes- 
peare, par Elzéar Rongier, représenté au Théâtre antique d'Orange, 
le 8 août 1909. Marseille, Paul Ruât, 1910. 

Antoine et Cléopâtre, pièce en trois parties de William Shakes- 
peare, traduite en vingt-cinq tableaux par M. Lucien Népoty, mu- 
sique de scène de M. Henri Rabaud, représentée pour la première 
fois au Théâtre Antoine, le 27 février 1918, non imprimée. 

(Deuxième spectacle de la « Société Shakespeare ».) 

Antoine et Cléopâtre, traduction d'André Gide, Nouvelle Revue 
française, I er juillet 1920. 

îd., avec hors-textes, en-têtes et culs-de-lampe de Drésa, aux 
publications Lucien Vogel, 192 1. 

Cléopâtre, drame en cinq actes en vers par A. Ferdinand Hérold, 
représenté pour la première fois à la Comédie-Française le 22 mai 
192 1. Paris, Mercure de France, 1921. 

Antoine et Cléopâtre, traduction de Georges Lambin. (Collection 
Shakespeare). Paris, Société des Belles-Lettres, 1926. 

Antoine et Cléopâtre, adaptation d'après Shakespeare en quatre 
actes et onze tableaux par J. Georges Duval, manuscrit non imprimé. 

2 Arden de Feversham 

Arden de Feversham (d'après le texte imprimé à Londres en 1592 
et attribué à Shakespeare), traduit par Thaïes Bernard, Revue des 
Races latines, 26 septembre 1864. 

3° Beaucoup de bruit pour rien 

Béatrice et Bénédict, opéra-comique en deux actes imité de Shakes- 
peare. Paroles et musique de Hector Berlioz, représenté pour la 
première fois au Théâtre de Bade, le 9 août 1862. Paris, C. Jou- 
bert, 1906. 

Beaucoup de bruit pour rien, pièce en deux actes et en vers 
[Much ado abuut nothing de Shakespeare), par G. Bruneau. Paris, 
Imprimerie centrale des Chemins de fer, A. Chaix et C ie , 1880. 

Beaucoup de bruit pour rien, comédie en cinq actes et huit tableaux, 
en vers, d'après Shakespeare, par Louis Legendre, musique de 
M. Benjamin Godard, représentée pour la première fois au Théâtre 
National de l'Odéon, le 7 décembre 1887. Paris, Alphonse Lemerre, 
1888. 



56 ÉTUDES FRANÇAISES 

Roger de Naples, drame en cinq actes, en vers, par Emile Blémont. 
Paris, Alphonse Lemerre, 1888. 

Beaucoup de bruit pour rien, opéra en quatre actes et cinq ta- 
bleaux, d'après Shakespeare, poème de Edouard Blau, musique de 
Paul Puget, représenté pour la première fois au Théâtre de l'Opéra- 
Comique, le 17 mars 1899. Paris, Au Ménestrel, Heugel etC ie , 1899. 

4° La Comédie des erreurs 

Les Jumeaux de Syracuse {The Comedy of errors) par William 
Shakespeare, adaptation de X..., manuscrit non imprimé. 

5° Comme il vous plaira 

Comme il vous plaira, comédie- en trois actes et en prose tirée de 
Shakespeare et arrangée par George Sand, représentée pour la pre- 
mière fois à la Comédie-Française, le 12 avril i856. Paris, Librai- 
rie Nouvelle, i856. 

Comme il vous plaira, Iraduction de Lucien Wolff (« Collection 
Shakespeare »). Paris, M. Dent et fils, 1923. 

6° Le Conte d'Hiver 

Le Conte d^Hiver, comédie en cinq actes de Shakespeare, traduc- 
tion de Suzanne Bing et Jacques Copeau, représentée pour la pre- 
mière fois au Théâtre du Vieux Colombier, le 10 février 1920. Paris, 
Editions de la Nouvelle Revue Française, 1924. 

7° Coriolan 

Coriolan, drame en cinq actes de Shakespeare, traduit en vers 
français par Evariste Carrance, officier de l'Instructiou Publique. 
Agen, Librairie du Comité Poétique et de la Revue française, i885. 

Coriolan, tragédie, traduction pour la scène de Roger Sémichon. 
Paris, Librairie Théâtrale E. Jorel, 1910. 

Coriolan, drame en vingt-neuf scènes traduit de William Shakes- 
peare par Paul Sonnies, représenté pour la première fois au 
Théâtre National de l'Odéon, le 21 avril 19 10. Paris, OllendorfF, 
1910. 

8° Cymbeline 

Imogène et Lénox, drame en cinq actes et en prose (Pièces de 
théâtre par M. Martine. Genève, Librairie d'Abr. Cherbuliez, i836). 



ETUDES FRANÇAISES D7 

Cymbeline, drame en quatre actes en vers [Poèmes symphoniques 
par Paul Jego, Imprimerie Nouvelle, 1888). 

Cymbeline, drame à grand spectacle en cinq actes en vers, d'après 
Shakespeare, par Henri Fauvel, Préface d'Amédée Coignet et Georges 
Ackain. Paris, Librairie Paul Rosier, 1911. 

9 Les deux Gentilshommes de Vérone 

Les deux Gentilshommes de Vérone, comédie en cinq actes, en 
vers, d'après Shakespeare, par Maurice Olivaint, représentée pour la 
première fois au Théâtre National de l'Odéon, le 28 novembre 1901. 
Paris, Alphonse Lemerre, 1902. 

io° Falstaff 
[Les Joyeuses Commères de Windsor, Henry IV, Henry V.) 

Les Fausses Infidélités, comédie en un acte et en vers (inspirée 
des Joyeuses Commères de Windsor), par M. Barthe, de l'Académie de 
Marseille, représentée par les Comédiens Français ordinaires du 
Roi. le 25 janvier 1768. A Paris, chez Laurent Prault, 1768. 

V Amant Loup-Garou ou M. Rodomont, pièce comique en quatre 
actes et en prose, imitée de l'anglais (des Joyeuses Commères de 
Windsor), représentéesurplusieursthéâtrespar M. CollotdTlerbois. 
A Paris, chez Didot l'Aine, 1778. 

Falstaff, tiré de Henri IV par Paul Meurice, en collaboration 
avec Auguste Yacquerie, représenté au Théâtre de l'Odéon, le 
20 octobre 1842 (Paul Meurice ; Théâtre, Etudes et Copies. Paris, 
Pagnerre, 1864. 

Falstaff, scène de la Taverne, daprès Shakespeare, par Auguste 
Vacquerie et Paul Meurice, jouée à la Comédie-Française pour la 
représentation de retraite de M. Got, le 20 avril 1895. Paris, Librai- 
rie du Victor Hugo illustré. 

Les Joyeuses Commères de Windsor, opéra-comique fantastique 
mêlé de danses en trois actes et sept tableaux, d'après Shakespeare. 
Paroles lrançaises de M. Louis Danglas, musique de O. Nicolaï, 
conforme à la représentation. Paris, Arthur Bertrand ,1859. 

Les Joyeuses Commères de Windsor, opéra-comique en trois 
actes, par Jules Barbier, musique de O. Nicolay, représenté pour la 
première fois au Théâtre Lyrique, le 1$ mai 1860. Paris, Michel 
Lévy frères, 1862. 

Les Joyeuses Commères de Windsor, adaptation française de Gus- 
tave Bertrand, représentée aux matinées dramatiques de M me Marie 



58 ÉTUDES FRANÇAISES 

Dumas, au Théâtre de l'Opéra National Lyrique (ancienne Gaîté), 
le il novembre 1877 

Falstaff, comédie lyrique en trois actes de Arrigo Boïto, musique 
de Giuseppe Verdi, représentée pour la première fois au Théâtre 
National de l'Opéra-Comique, le 18 avril 1894. Version française de 
MM. Paul Solanges et Arrigo Boïto, G. Ricordi et Ci . Paris, Milan, 
Rome, Naples, Palerme, Londres, s. d. 

Falstaff, comédie en cinq actes d'après Merry Wives of Windsor 
et King Henri IV, par Ernest Prarond. Paris, Alphonse Lemerre, 

1895. 

Falstaff, pièce en vers en cinq actes et sept tableaux, imitée de 
Shakespeare, par Jacques Richepin, représentée pour la première 
fois au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 28 janvier 1904. Paris, 
Librairie Charpentier et Fasquelle, 1904. 

Les Joyeuses Commères de Windsor, comédie en quatre actes 
d'après la farce de William Shakespeare, par Fernand Pignatel, 
décembre 1907, manuscrit non imprimé. 

Les Joyeuses Commères de Windsor, comédie en quatre actes et 
cinq tableaux, en vers, par Raymond Genty, d'après Shakespeare, 
représentée pour la première fois au Théâtre National de l'Odéon, 
le 6 avril 1922, non imprimée. 

William Shakespeare : Falstaff, sa vie, sa mort, pages traduites 
par M. Constantin Weyer, ornées d'un dessin de John Garside. 
Paris, M. Dent et fils, 1924. 

(Extraits des Joyeuses Commères de Windsor, de Henry IV et de 
Henry V.) 

ii° Hamlet 

Hamlet, tragédie imitée de l'anglois par M. Ducis, représentée 
pour la première fois par les Comédiens français ordinaires du 
Roi, le 3o septembre 1769. A Paris, chez Gogué, 1770. 

Nouvelle édition avec des changements considérables, un cin- 
quième acte nouveau et conforme au manuscrit de la Comédie Fran- 
çaise, chez les Libraires associés, 1809. 

Nouvelle édition augmentée de variantes, chez A. Nepveu, 1818. 

Hamlet, pantomime tragique en trois actes mêlés de danses (par 
Henri Bonnachon), représentée pour la première fois à Paris, sur 
le Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 28 février 1816. Paris, chez 
Barba, 1816. 

Une scène à' Hamlet, de Shakespeare, traduite en vers par Jules 
Laine. Paris, chez Barba et G. W. Reynolds à la Librairie des 
Etrangers, i836. 



ETUDES FRANÇAISES D9 

Acte III, scène II (scène des Comédiens). 

Hamtet et le Spectre, études sur Shakespeare. Acte I er , scène XI 
(Poésies de Collège, par E. A. Segrétain. Paris, F. Didot frères, 
1840). 

Hamlet, tragédie en cinq actes par William Shakespeare, traduc- 
tion de M. A. Berbrugger, revue par M. Robertson, conforme aux 
représentations données à Paris. Paris, de l'Imprimerie d'Ad. Blon- 
deau i845. 

Hamlet, Prince de Danemark, drame en vers, en cinq actes et 
huit parties, par MM. Alexandre Dumas et Paul Meurice, représenté 
pour la première fois à Paris, sur le Théâtre Historique, le i5 dé- 
cembre 1847. Paris? Michel Lévy frères, 1847. 

Nouvelle édition (après la reprise à la Comédie-Française, le 
28 septembre 1886). Paris, Calmann-Lévy, 1886. 

Hamlet, tragédie en cinq actes de W. Shakespeare, traduite en 
vers français par le Chevalier de Châtelain, membre du « National 
Shakespeare Committee ». Londres, Kolandi, 1864. 

Hamlet, Prince de Danemark, drame en six actes et dix tableaux 
de W. Shakespeare, traduction italienne de C. Rusconi avec le fran- 
çais en regard. Paris, Michel Lévy frères, 1866. 

(Répertoire dramatique de M. Ernesto Rossi.) 

Hamlet, opéra en cinq actes par Michel Carré et Jules Barbier, 
musique de Ambroise Thomas, représenté pour la première fois au 
Théâtre Impérial de l'Opéra, le 9 février 1868. Paris, Michel Lévy 
frères, M me Veuve Jonas 1868. 

Hamlet, traduit de Shakespeare par Pierre de Garai, en cinq 
actes et neuf tableaux, musique d Aristide Hignard. Paris, Lemerre, 
1868. 

Hamlet, drame en cinq actes tiré de Shakespeare, traduit en vers 
rimes, vers blancs et prose conformément à l'original et adapté à la 
scène française par Ernest Guillemot. Paris, de Gorce-Cadot, 1869. 

Hamlet, Prince de Danemark, tragédie en cinq actes par W. Sha- 
kespeare, traduite en prose et en vers, avec une préface et un com- 
mentaire critique et explicatif, par Théodore Reinach, texte revisé en 
regard. Paris, Librairie Hachette et C ie , 1880. 

Le Spectre d'Hamlet, par Shakespeare (Chefs-d'œuvre de littéra- 
ture étrangère revus par Gondry du Jardinet). Paris, L'Ami des 
Campagnes, 1884. 

Hamlet, drame en cinq actes de Shakespeare, traduit en vers fran- 
çais par Louis Ménard, Librairie Académique Didier, Perrin et C ie , 
1886. 

Hamlet, drame en vers, en cinq actes et onze tableaux, d'après 
William Shakespeare, par MM. Lucien Cressonnois et Charles 



60 ÉTUDES FRANÇAISES 

Samson, représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre de 
la Porte-Saint-Martin, le 27 février 1886. Paris, Ollendorff, 1886. 

Oreste et Hamlet, parE. Dugit, Doyen de la Faculté des Lettres 
de Grenoble, Grenoble. Imprimerie F. Allier, 18^9. 

William Shakespeare : La Tragique Histoire (T Hamlet, Prince de 
Danemark, traduite par Eugène Morand et Marcel Schwob, repré- 
sentée pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt, en mai 
1899 (avec des coupures). Paris, Librairie Charpentier et Fasquelle, 
1900. 

Première représentation de la pièce in-extenso, le 17 mai 1927, 
par M. Pitoeif au Théâtre des Arts. 

Le Petit Hamlet, parodie-opérette en un acte, par Gaston Abre- 
korn et Emile Herbel, représentée pour la première fuis sur la 
scène du Divan Japonais de Paris, le 3 novembre 1899. Paris? 
Georges Ondet, 1900. 

« Cette histoire comique d'un Prince de marque n'est pas de 
Shakespeare, elle est en prose un peu piquée des vers. » 

W. Shakespeare : Hamlet, Prince de Danemark, tragédie en cinq 
actes traduite du texte espéranto du D r Zamenholï en français par 
Joseph Delfour (premier acte). Amiens, Librairie Poiré-Choqué, 1903. 

Le Mariage eT Hamlet (suite d Hamlet) , pièce en trois actes et un 
prologue par Jean Sarment, créée à Mayence le 8 mai 19-22 et repré- 
sentée pour la première fois à Paris, au Théâtre National de l'Odéon, 
le 10 novembre 1922. Paris, Librairie de France, 1923. 

William Shakespeare : La Tragique Histoire de Hamlet, Prince de 
Danemark, traduite par Guy de Pourtalès et ornée de bois gravés 
par Raphaël Drouart. Paris, Société littéraire de France, 1923. 

La Tragédie de Hamlet, Prince de Danemark, traduction de Jules 
Derocquigny (« Collection Shakespeare »). Paris, M. Dent et fils, 
1924. 

12° Henri VIII 

Henri VIII, drame historique en cinq actes et neuf tableaux, imité 
de Shakespeare, par Jules de Marthold, manuscrit non imprimé. 

i3° Jules César 

La Mort de César, tragédie de M. de Voltaire, représentée pour 
la première fois au Collège d'Harcourt, le 11 aoust i^35, première 
édition, à Amsterdam, 1735. 

Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée par l'auteur, avec 
un avertissement et une lettre à ce sujet (vignette gravée). Imprimé 



ÉTUDES FRANÇAISES 6l 

à Londres chez Junis et se vend à Paris chez Jean-Baptiste-Claude 
Bauche, 1736. 

Jules César, tragédie de Shakespeare en trois actes, traduction 
de Voltaire (Théâtre de Pierre Corneille avec des Commentaires, 
t. II, 1764). 

Brutus et Cassius ou la Bataille de Philippes, suite de la Mort 
de César, tragédie en vers et en deux actes imitée de l'anglais, de 
Shakespeare, parSextius BufFardin.A Paris, chez l'auteur, an IV de 
la République. 

Brutus II, tragédie en cinq actes (Œuvres dramatiques du Comte 
Alûeri traduites de l'italien par C. B. Petitot. Paris, Giguet et Mi- 
chaud, 1802). 

La Mort de César, tragédie en cinq actes par M. J. C. Royou, 
représentée sur le Théâtre royal de l'Odéon, le 9 mai 1823. Paris, 
Lenormant père, 182$. 

Jules César de Shakespeare (texte anglais). Nouvelle édition 
accompagnée de notes philologiques et d'aperçus critiques, par 
MM. Casimir Delavigne, Dupaty, Guizot, Jay, de Jouy, Lemercier, 
Villemain, etc., donnant l'explication des expressions vieillies et des 
passages obscurs et précédée d'une notice sur les pièces historiques 
de bhakespeare, par M. O'Sullivan. Paris, chez L. Hachette, 1841. 

Jules César, tragédie de Shakespeare, traduite de l'anglais 
en vers français, par Auguste Barbier, auteur des ïambes. Paris, 
G.-A. Dentu* 1848. 

Nouvelle édition revue et corrigée. Paris, E. Dentu, i855. 

Le Testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un 
épilogue, par Jules Lacroix, représenté pour la première fois à la 
Comédie-Française, le ionovembre 1849. Paris, Firmin Didot frères, 
Tresse, Michel Lévy, 1849. 

Shakespeare : Jules César, tragédie traduite en vers français 
avec le texte anglais en bas des pages, précédée d'une étude «t sui- 
vie de notes, parC. Carlhant. Paris, Firmin Didot frères; London, 
Barthès et Lowell, i856. 

Marc-Antoine et Brutus au Forum, scènes traduites du Jules César 
de Shakespeare (Ch. Liadières : Œuvres dramatiques et Légendes. 
Paris, Michel Lévy frères, i856). 

Jules César, tragédie de Shakespeare traduite en vers blancs par 
M. A. Blanc. Toulon, Typographie L. Laurent, 1879. 

Shakespeare : Jules César, tragédie. Nouvelle édition avec notice 
biographique, sommaires, notes historiques et grammaticales. 
Texte revu sur les travaux les plus récents par E. Haussaire, agré- 
gé de l'Université, professeur au Lycée de Lille. Paris, Paul 
Dupont, 1882. 



62 ÉTUDES FRANÇAISES 

Shakespeare : Jules César, traduction française par E. Montégut, 
avec le texte anglais. Paris, Librairie Hachette et C ie , 1884. 

William Shakespeare : Jules César, drame en cinq actes, traduc- 
tion de Benjamin Laroche. Paris, Librairie Charpentier et Fasquelle, 
Eug. Fasquelle, 1907. 

Jules César, de William Shakespeare, traduction intégrale en 
quatre actes et dix-sept tableaux par Louis de Gramont, représentée 
pour la première fois au Théâtre National de FOdéon, direction 
Antoine, le 4 décembre 1906, musique de scène de M. Gustave Doret. 
Paris, Librairie Théâtrale, 1909. 

Shakespeare : Jules César, édité par Henri Gautier, 55, quai des 
Grands Augustins, Paris (Nouvelle Bibliothèque populaire à 10 cen- 
times). 

i4° Macbeth 

Macbeth, tragédie en cinq actes et en vers, par G. Lefébure, 
baron de Saint-IIdephont, à Utrecht, chez Barthélémy Wild, 1783. 

Macbeth, tragédie par M. Ducis, représentée pour la première 
fois par les Comédiens ordinaires du Roi, le 12 janvier 1784. A Paris 
chez P.-P\ GuefTier, 1784. 

Nouvelle édition : Macbeth, tragédie remise au Théâtre le I er juin 
1790 par M. Ducis, secrétaire ordinaire de Monsieur, l'un des qua- 
rante de l'Académie Française, édition corrigée par l'auteur et con- 
forme à la représentation. A Paris, chez P. -F. Guefïïer, 1790. 

Nouvelle édition conforme aux représentations données en 1816 et 
augmentée de variantes. Paris, A Nepveu, 1816. 

Macbeth ou les Sorcières de la Forêt, pantomime à grand 
spectacle par M. Cuvelier. Musique arrangée par M. Othon. Bal- 
lets de M. Adam. Décors de MM. Blanchard et Justin. Machines de 
M. Panelle, représentée pour la première fois à Paris, au Cirque 
Olympique, le 20 mars 1817. Paris, chez Fages, 1817. 

Les Deux Macbeth ou l'Apothéose de Ducis, impromptu mêlé de 
chants et de danses par M. U... (Dubois), représenté au Théâtre de 
la Gaîté, le 29 mars 1817. Paris, chez Barba, 1817. 

(Macbeth tragique et Macbeth mime.) 

Les Visions de Macbeth ou les Sorcières d'Ecosse, mélodrame 
en trois actes à grand spectacle imité du Théâtre et du genre anglais 
par M. Augustin H... (Hapdé). A Paris, chez Delaunay, 1817. 

Macbeth, tragédie lyrique en trois actes représentée pour la pre- 
mière fois au Théâtre de l'Académie Royale de Musique, le 29 juin 
1827. Poème de M... (Rouget de lTsle). Musique de M. Chelard. 
Chorégraphie de M. Gardel. Paris, J.-N. Barba, 1827. 



ÉTUDES FRANÇAISES 63 

Macbeth (Quatrième acte) traduit de Shakespeare (Poésies Euro- 
péennes par Léon Halevy. Paris, Lad\ocat, 1828). 

Macbeth, mélodrame en cinq actes avec un prologue, imitation 
libre de Shakespeare par MM. Victor Ducange et Anicet Bourgeois, 
musique de M. A. Piccini, ballets de M. Anatole, décorations de 
M. Lefebvre, représenté pour la première fois à Paris, sur le 
Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 9 novembre 1829. Paris, Guay, 
1829. 

Macbeth, tragédie de William Shakespeare traduite littéralement 
en cinq actes, en vers, par Jules Lacroix, publiée avec une préface 
parle bibliophile Jacob. Paris, H.-L. Delloye, 1840. 

Nouvelle édition, après les représentations à l'Odéon (10 février 
i863). Paris, E. Dentu, i863. 

Macbeth, de Shakespeare, en cinq actes et en vers, par M. Emile 
Deschamps, représenté pour la première fois au Théâtre National 
de l'Odéon, le 23 octobre 1848. Paris, Michel Lévy frères, 1848. 

Macbeth, tragédie en cinq actes et en vers d'après Shakespeare 
par Léon Halévy. Paris, Garnier frères, i853. 

Macbeth, tragédie de Shakespeare représentée à Paris le i5 juin 
i855, sur le Théâtre Impérial Italien, sommaire scène par scène, 
s. d. 

Scène de somnambulisme dans Macbeth de Shakespeare, jouée 
à Paris, au Théâtre Royal Italien, le 6 juin 1857. Paris, Michel Lévy 
frères, 1857. 

Lady Macbeth, scène dramatique en un acte et en vers par 
MM. Jules Le Sire et Borssat, représentée pour la première fois au 
Théâtre de l'Odéon, le i5 avril i858. Paris, Amyot, 1859. 

Macbeth, opéra en quatre actes imité de Shakespeare, paroles de 
MM. Nuitter et Beaumont, musique de G. Verdi, représenté pour 
la première fois à Paris, auThéâtre Lyrique Impérial, le 19 avril i865. 
Paris, Michel Lévy frères, i865. 

Macbeth, tragédie de Villiam Shakespeare, traduction par M. Fer- 
rus, membre titulaire fondateur (i er acte) (Société Académique des 
Sciences, Arts et Belles-Lettres de Saint-Quentin, 3 e série, t. VII, 
Travaux de 1866 à 1867. Saint-Quentin, 1867. 

Shakespeare : Macbeth. (Les auteurs anglais expliqués d'après 
une méthode nouvelle par deux traductions françaises, avec des com- 
mentaires et des notes par une Société de professeurs et de savants). 
Paris, Librairie Hachette, 1876. 

Macbeth, tragédie en cinq actes de William Shakespeare, traduc- 
tion française conforme à la représentation. Florence, Imprimerie 
Fioretti, 1877. 

(Répertoire de M. Ernesto Rossi.) 



64 ÉTUDES FRANÇAISES 

Macbeth, drame en cinq actes et en vers, traduit de W. Shakes- 
peare, par Georges Clerc, avec préface par Edmond Haraucourt, 
représenté pour la première fois au Théâtre National de FOdéon, le 
20 janvier 1892. Paris, Charpentier et Fasquelle, 1892. 

William Shakespeare : Macbeth (1606), texte critique avec la tra- 
duction en regard par Alexandre Beljame, professeur-adjoint à 
la Faculté des Lettres de l'Université de Paris, Maître de confé- 
rences à l'Ecole Normale supérieure. Paris, Librairie Hachette, 
1897. 

William Shakespeare : Macbeth, traduction nouvelle par J. Delau- 
nay. Paris, Alphonse Lemerre, 1897, 

La Tragédie de Macbeth, de Shakespeare, traduite par Maurice 
Pottecher (Théâtre du Peuple, Bussang, Vosges, 8 e spectacle, 1902). 
Paris, Ollendorff, 1902. 

William Shakespeare : Macbeth, traduction nouvelle et littérale 
avec une préface et des notes, par Célestin Demblon, membre de 
la Chambre des Représentants, professeur à l'Université Nouvelle 
de Bruxelles. Bruxelles, Paul Lacomblez, 1904. 

William Shakespeare : Macbeth, drame en cinq actes en vers, 
précédé d'un essai sur la Traduction (124 pages), par J. L. Lalot. 
Paris, Ancienne Librairie Poussielgue, J. de Gigord, 1909. 

William Shakespeare : La Tragédie de Macbeth, traduction nou- 
velle avec une introduction et des notes par Maurice Maeterlinck, 
représentée à l'Abbaye de Saint-Wandrille, le 28 août 1909. Paris, 
Eug. Fasquelle, 1910. 

Macbeth, drame lyrique en sept tableaux (un prologue et trois 
actes), par Edmond Fleg, d'après Shakespeare, musique d'Ernest 
Bloch, représenté pour la première fois au Théâtre National de 
l'Opéra-Comique, le 3o novembre 1910. Paris, G. Astruc et C ie , 
Enoch et C ie , Librairie Théâtrale, 1910. 

Macbeth, de Shakespeare, version française vers et prose, en cinq 
actes et douze tableaux, par Jean Richepin, de l'Académie Française, 
représentée à la Comédie-Française, le 3o mai 1914, Paris, Eug. 
Fasquelle, 1914. 

(Créée au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 21 mai 1884.) 

Macbeth, traduction de M. Maurice Menos. National Capital Press, 
Washington, 1916. 

Macbeth, traduction de Jules Derocquigny (« Collection Shakes- 
peare »). Paris, M. Dent et fils, 1922. 

Macbeth, traduction de Marcel Schwob [Œuvres complètes de 
Marcel Schwob, Paris, Bernouard, 1928). 



ETUDES FRANÇAISES 65 



i5° Le Marchand de Venise 

Lettre à Madame D sur la Traduction du quatrième acte du 
Juif de Venise, Tragédie de Shakespeare, signée D (e) L (a) P flacel 
suivie de : Le Juif de Venise, extrait de l'acte IV, Mercure de 
France, juillet 1764. 

« Cette traduction est d'après la pièce revue et corrigée par 
Georges Grandville, lord Lansdowne. » 

Le Marchand de Venise, comédie traduite de l'anglais de Sha- 
kespeare. A Londres et se trouve à Paris, ,hez Grange, De Lalain 
Valade, 1768. ' 

Shylock drame en trois actes imité de Shakespeare, par MM du 
Lac et Albo.se, représenté pour la première fois à Paris, sur le 
Théâtre delà Porte-Saint-Martin, le s avril l8 3o, Paris, Bezou, ,83o 

Le Marchand de Venise, comédie en trois actes et en vers imitée 
de Shakespeare par M. Lamarche, représentée pour la première fois 

\ t S 'm SU u u héâtre r ° yal de V0dé0n > le 5 J' uin l8 3o- A Paris, 
chez J.-N. Barba, i83o. 

Le Marchand de Venise, comédie entrois actes par le Comte Alfred 
de Vigny (Œuvres complètes, t. VI. Paris, H. Delloye, V. Lecou 
1839). ' ' 

Le Juif de Venise, drame en cinq actes et sept tableaux par 
M. Ferdinand Dugué, musique de M. Amédée Artus, représenté 
pour la première fois sur le Théâtre de TAmbigu-Comique, le 
13 janvier !854. Paris, Librairie Théâtrale, Ancienne Maison Mar- 
cnant, io54. 

William Shakespeare : Le Marchand de Venise, traduit par Léon 
Daffry de La Monnoye. Paris, Librairie de L. Hachette etC> l8 66 

Le Marchand de Venise, pièce en cinq actes de William Shakes- 
peare, traduite en vers français par le Chevalier de Châtelain, auteur 
de La Folle du Logis..., de Macbeth, à'Hamlet, de Julius César, de 
La Tempête, des joyaux de Shakespeare. Londres, Thomas Hailes 
.Liacy, 1070. 

Le Marchand de Venise, par Gaston de Raimes, fragments (La 
Revue indépendante, novembre-décembre if ~ 



Shylock, comédie : en trois actes et sept tableaux, envers, d'après 
Shakespeare, par Edmond Haraucourt, musique de Gabriel Fauré 
représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre National dé 
lOdeon, le 14 décembre 1889. Paris, G. Charpentier et G", 1800 

Le Marchand de Venise, pièce de William Shakespeare, adaptée 
en s,x tableaux par M. Lucien Népoty, musique tirée des compo- 
siteurs anglais du xv,° siècle, arrangée et intrumentée par M Henri 



66 ÉTUDES FRANÇAISES 

Rabaud, représentée pour la première fois au Théâtre Antoine, le 
^3 avril 1917, non imprimée. 

(Premier spectacle de la « Société Shakespeare ».) 
Le Marchand de Venise, traduction par M me Lebrun-Sudry (« Col- 
lection Shakespeare »). Paris, J.-M. Dent et fils, 1924. 

16 La Mégère apprivoisée 

La Mégère apprivoisée, comédie par William Shakspère, arran- 
gée par Augustin Daly, traduction de Pernand Duport (avec le texte 
anglais en regard), représentée pour la première fois au Théâtre 
Daly, à New-York, le 18 janvier 1887, et au Gaiety Théâtre de 
Londres, le 29 mai 1888, sera représentée à Paris, au Théâtre du Vau- 
deville, le 3 septembre 1888. Edition spéciale pour Paris, 1888. 

Le Diable à la Maison, opéra-comique eu quatre actes, tiré d'une 
comédie de Shakespeare {La Mégère apprivoisée), version française 
de G. Th. Antheunis, musique de Hermann Goetz, représenté pour 
la première fois au Théâtre Royal de la Monnaie, à Bruxelles, en 
1889. Bruxelles, Schott frères ; Paris, Schott frères, 1889. 

La Mégère apprivoisée, comédie en cinq actes en vers de Shakes- 
peare, traduction envers par Raoul Jeudy. Paris, Ancienne Maison 
Quantin; Librairie, Imprimerie réunies May et Motteroz, s. d. 

(1890). 

La Mégère domptée, comédie-bouffe en trois actes et cinq tableaux, 
avec prologue en deux tableaux et épilogue, adaptation scénique de 
la comédie de Shakespeare : The Taming of the Shrew, par A. Mé- 
liot. Paris, Tresse et Stock, 1891. 

La Mégère apprivoisée, comédie en quatre actes en prose, d'après 
Shakespeare [Taming of the Shrew), par Paul Delair, représentée 
sur la scène de la Comédie-Française, le 19 novembre 1891. Paris, 
Ollendorff, 1894. 

La Mégère apprivoisée, comédie lyrique en trois actes et quatre 
tableaux, d'après Shakespeare, par Emile Deshays, musique de 
FrédericLe Rey, représentée pour la première fois sur le Théâtre des 
Arts de Rouen, en décembre 1895 (direction d'Albert) et à Paris 
sur le Théâtre de la Porte-Saint-Martin, en septembre 1897 (direc- 
tion Milliaud). Paris, Paul Dupont, s. d. 

Le Théâtre Anglais : La Mégère apprivoisée, comédie en cinq 
actes de W. Shakespeare, adaptation par le Commandant A. Richard, 
avocat, chevalier de la Légion d'Honneur (avec gravure représen- 
tant une des places du vieux Padoue). Tours, Deslis frères, 191 1. 

La Mégère apprivoisée, comédie de Shakespeare en trois actes et 
vingt-cinq tableaux, adaptation par M. G. de la Fouchardière, 



ÉTUDES FRANÇAISES 67 

musique descène du xvn e siècle recueillie et adaptée par M. Maurice 
Jacquet, représentée au Théâtre Antoine, le 23 avril 19 19, non im- 
primée. 

(Troisième spectacle de la « Société Shakespeare». Une première 
représentation en avait été donnée chez M me la Comtesse de Béarn, 
le I er mars 1919.) 

La Mégère apprivoisée, comédie lyrique en quatre actes d'après 
l'adaptation de Paul Delair, paroles de MM. Henri Cain et Edouard 
Adenis, décors de M. Paquereau, musique de M. Charles Silver, 
représentée pour la première fois au Théâtre National de l'Opéra, 
le 3o janvier 1922, non imprimée. 

17 Mesure pour Mesure 

Sœur Isabelle, drame en cinq actes, en vers, tiré de Shakespeare 
[Mesure pour Mesure), par Frédéric Deschamps. Rouen, A. Le Bru- 
inent, 1873. 

William Shakespeare : Mesure pour Mesure, traduction et pré- 
face de Guy de Pourtalès, ornements gravés sur bois par Jean- 
Louis Gampart. Paris, Société Littéraire de France, 1921. 

18 Othello 

Le More de Venise, tragédie angloise du théâtre de Shakespear, 
précédée d'un discours préliminaire, par M. Douin, capitaine d'in- 
fanterie. Prixi livre 16 sols. A Paris, de l'Imprimerie de Louis Cellot, 
1773. 

Othello, drame en cinq actes et en vers, imité de Shakespeare, 
par M. Butini, ancien Procureur général de Genève, s. 1. n d. (1785). 

Othello ou le More de Venise, pièce en cinq actes de Shakespeare. 
Collection Soleinne, Bibliothèque Nationale, ms. fr. 9263. 

Othello ou le More de Venise, tragédie par le citoyen Ducis, 
représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de la 
République, le 26 novembre 1792. Prix 20 sols. A Paris, chez 
Maradan, l'an second de la République. 

Arlequin Cruello, parodie d'Othello, en deux actes et en prose, 
mêlée de vaudevilles, par les auteurs d'Arlequin Afficheur, repré- 
sentée pour la première fois sur le Théâtre du Vaudeville, le i3 dé- 
cembre 1792. Paris, s. d. 

Le Maurico de Venise, parodie d'Othello, par C.-B. Seurin. 
Paris, 1793. 

Le More de Venise ou Othello, pantomime entremêlée de dialogues, 
en trois actes, imitée de la tragédie anglaise, par M. Cuvelier, 



68 ÉTUDES FRANÇAISES 

musique par M. Darondeau, divertissements par M. Chap, décors 
par MM. Justin Leys et Demay, représentée pour la première fois 
sur le Théâtre du Cirque Olympique de MM. Franconi, le 29 octobre 
1818. Paris, chez Fages, 1818. 

Othello ou le More de Venise, tragédie lyrique en trois actes. 
Paris, au Théâtre Royal italien, et chez Roullet, 182 1. 

Othello ou le More de Venise, opéra en trois actes, d'après les 
drames anglais, français et italien, paroles de Gastil-Blaze, musique 
de Rossini, représenté pour la première fois à Lyon par les Comé- 
diens du Grand Théâtre sous la direction de M. A. Singier, le 
I er décembre 1823. Paris, chez Castil-Blaze, 1823. 

Othello, tragédie en cinq actes de W. Shakespeare, conforme 
aux représentations données à Paris, chez M mô Yergne, 1827. 

Le More de Venise, Othello, tragédie traduite de Shakespeare 
en vers français par le Comte Alfred de Vigny et représentée à la 
Comédie-Française, le 24 octobre 1829. Paris, Levavasseur et Ur- 
bain Canel, i83o. 

Othello, tragédie en cinq actes de W. Shakespeare, traduite par 
MM. Alphonse Royer et Gustave Vaez. Paris, C. Tresse, 1844. 

Othello, le More de Venise, tragédie en cinq actes de W. Shakes- 
peare, traduite en vers français par le Chevalier de Châtelain. 
Londres, Thomas Hailes Lacy, 187 1. 

Othello, traduction française. Paris, Librairie de la Bibliothèque 
Nationale, 1875. 

William Shakespeare : Othello, le More de Venise, drame en 
cinq actes et huit tableaux, traduction en vers de Louis de Gramont, 
représenté pour la première fois au Théâtre National de l'Odéon, 
le i5 avril 1882. Paris, Calmann-Lévy, 1882. 

Othello ou le More de Venise, par Jean Aicard, drame en cinq 
actes et en vers. Paris, Charpentier, 1882. 

Nouvelle édition (après la création de la pièce à la Comédie-Fran- 
çaise, le 27 février 1899), avec une composition de M. Benjamin 
Constant. Paris, Flammarion, s. d. (1899). 

Shakespeare : Othello, traduction française par E. Montégut, avec 
le texte anglais. Paris, Hachette, 1882. 

Othello, le More de Venise, par William Shakespeare, acte cin- 
quième, traduit en vers français par Eugène Rimmel, d« Londres, 
membre honoraire de la Société nationale des professeurs de fran- 
çais en Angleterre. Londres, 1886. 

Othello ou le More de Venise. Paris, Librairie de publications 
à 5 centimes, 1886. 

Othello, drame lyrique en quatre actes de M. A. Boïto, musique 
de M. G>. Verdi, version française de MM. A. Boïto et du Locle, 



ÉTUDES FRANÇAISES 69 

représenté pour la première fois à Paris, au Théâtre National de 
l'Opéra, le 12 octobre 1894. Paris, Ricordi, 1894. 

William Shakespeare : Othello, le More de Venise (1604), texte 
critique avec la traduction en regard, par Alexandre Beljame, pro- 
fesseur à la Faculté des Lettres de l'Université de Paris. Paris, 
Hachette, 1902. 

Othello ou le More de Venise, de W. Shakespeare, drame en 
cinq actes, traduction en vers par Edouard Mariette. Paris, Henri 
Jouve, 1910. 

Le Mort de Venise, poème dialogué en prose, par Lord Hérode. 
Paris, Messein, 1911. 

Othello ou le More de Venise, drame en cinq actes de Shakespeare, 
adaptation de Paul Demasy, représenté au Théâtre Antique de la 
Cité de Carcassonne, le i3 juillet 1926, non imprimé. 

19 Peines d'Amour perdues 

Peines d'Amour, opéra en quatre actes, par Michel Carré et Jules 
Barbier, musique de Mozart (Cosi fan Tutte), représenté pour la 
première fois à Paris sur le Théâtre Lyrique, le 3 mars i863. Paris, 
Michel Lévy frères, i863. 

Peines d'Amour ver due s, comédie plaisamment conçue et adaptée 
de William Shakespeare (1694) par Hugues Delorme et Georges 
Duval, manuscrit non imprimé. 

20 Richard III 

Richard III, tragédie en cinq actes par M. de Rozoi, citoyen de 
Toulouse, représentée pour la première fois par les Comédiens 
français ordinaires du Roi, le 6 juillet 1781 et remise au Théâtre en 
1782. A Paris, chez Brunet, 1782. 

Epicharis et Néron ou Conspiration pour la Liberté, tragédie en 
cinq actes et en vers par Legouvé, citoyen Français, représentée 
pour la première fois au Théâtre de la République, le i5 pluviôse, 
Tan second de la République Française une et indivisible. A Paris, 
chez Maradan, Tan deuxième. 

(Pièce inspirée du Richard III de Shakespeare.) 

Richard III et Jeanne Shore, drame historique en cinq actes et 
en vers, imité de Shakespeare et de Rowe, par Népomucène L. Le- 
mercier, membre de l'Institut Royal de France (Académie Française) , 
représenté sur le Théâtre Français, le i er avril 1824. Paris, Impri- 
merie de Firmin Didot, 1824. 

Richard III, drame en cinq actes en prose par Victor Séjour, repré- 



r, 



BIBUOTHECA 



7° ETUDES FRANÇAISES 

sente sur le Théâtre de la Porte-Saint-Martin, pour la première fois, 
le 28 septembre i852. Paris, D. Giraud et J. Dagneau, i852. 

Shakespeare : Le Roi Richard III, traduction française avec un 
argument dramatique, des notes et le texte anglais en regard, par 
H. Bellet. Paris, Librairie Hachette et G ie , 1882. 

Richard III, opéra en quatre actes et six tableaux, poème de Emile 
Blavet, musique de Gaston Salvayre, représenté pour la première 
fois sur le Théâtre Italien de Saint-Pétersbourg (Théâtre Marie), le 
9 décembre i883, mise en scène de MM. Albert Vizentini. Paris, 
Calmann-Lévy, 1884. 

Shakespeare : Richard III (Nouvelle Bibliothèque Populaire), 
notice par Charles Simond, analyse de quelques scènes et traduc- 
tions de toutes les autres. Paris, Henri Gautier, s. d. 

Richard III, analyse et commentaire du drame de Shakespeare 
par Jane Brown. Paris, Librairie Charles Delagrave, 1884. 

Richard III, cinq actes en vers par Armand Silvestre et Georges 
Bois, manuscrit non imprimé. 

2i° Le Roi Jean 

Jean sans Terre ou la Mort d"* Arthur, tragédie en trois actes et 
en vers par M. Ducis, l'un des quarante de l'Académie Française, 
représentée pour la première fois sur le Théâtre Français de la rue 
de Richelieu, le 28 juin 1791. A Paris, chez Gueffier, 1792. 

Le Roi Jean, drame en cinq actes imité de Shakespeare [Le Théâtre 
sous le chêne, par Ernest Prarond. Paris, Alphonse Lemerre, i883). 

22 Le Roi Lear 

Le Roi Lear, tragédie en cinq actes par M. Ducis, de l'Académie 
Française, secrétaire ordinaire de Monsieur, représentée à Versailles 
devant Leurs Majestés, le 16 janvier 1 783 ; et à Paris, le 20 du même 
mois, par les Comédiens Français. A Paris, chez P. Fr. Gueffier> 
i 7 83. 

Le Roi Lu, parodie du Roi Lir ou Lear, en un acte en vers, repré- 
sentée à Paris, par Parisau et Desprez. A Paris, chez Brunet, 
i 7 83. 

Le Vieillard et ses trois filles, pièce en trois actes, en prose, par 
M. Mercier. A Paris, Cercle Social, imprimé par Restif neveu, 
1792, l'an quatrième de la Liberté. 

Le Roi Lear, traduction de Shakespeare, fragments [Dernières 
Paroles, poésies sans nom d'auteur. Paris, Ed. Guérin et C ie , 
Ebrard, libraire, i83d). 



ETUDES FRANÇAISES 71 

Id., Poésies d'Antoni Deschamps : Traduction de Dante Alighieri. 
Les dernières Paroles. Traduction de Shakespeare : Le Roi Lear, 
fragments. Bruxelles, E. Laurent, 1837. 

Le Roi Lear, en cinq actes (Théâtre des Marionnettes, ouvrage 
pour la Jeunesse. Paris, Didier, 1837). 

Le Roi Lear, drame en quatre actes et en vers, par MM. Frédéric 
Duhomme et Elie Sauvage, représenté au Théâtre Royal de l'Odéon, 
le 10 novembre i844- Paris, Paul Masgana, 1844. 

Le Roi Lear, drame en cinq actes et douze tableaux, traduit de 
Shakespeare par MM. Devicque et Crisafulli, représenté pour la 
première fois à Paris, sur le Théâtre Impérial du Cirque, le 10 sep- 
tembre 1857. Paris, à la Librairie Théâtrale, 1857. 

Le Roi Lear, drame en cinq actes et en vers imité de Shakespeare 
par Jules Lacroix, représenté pour la première fois à Paris, sur le 
Théâtre Impérial de l'Odéon, le 6 avril 1868. Paris, Michel Lévy 
frères, 1868. 

Le Roi Lear, de William Shakespeare, traduction en vers de 
M. l'abbé P. E. P. Herpin (avec une étude sur Le Roi Lear, par 
François-Victor Hugo). Paris, Imprimerie de Alphonse Leroy fils, 
1869/ 

Le Roi Lear, tragédie en cinq actes de William Shakespeare, 
traduite en italien par Carlo Rusconi et en français par J. de Fi- 
lippi, représentée à Paris, salle Ventadour, par la Troupe italienne 
d'Ernesto Rossi, le 26 octobre 1875. Paris, Michel Lévy frères, 1875. 

Le Roi Lear, analyse et commentaire du drame de Shakespeare 
par Jane Brown. Paris, Librairie Ch. Delagrave, 1884. 

Le Roi Lear, traduit de William Shakespeare par Pierre Loti et 
Emile Vedel, représenté pour la première fois à Paris, au Théâtre 
Antoine, le 3o novembre 1904. Paris, Calmann-Lévy, s. d. (1904). 



23° Roméo et Juliette 

Roméo et Juliette, drame en cinq actes et en vers libres par 
d'Ozicourt. A Paris, chez Le Jay, 1771. 

Roméo et Juliette, tragédie par M. Ducis, représentée pour la 
première fois par les Comédiens français ordinaires du Roi, le 
27Juillet 1772. A Paris, chez P. F. GuefFier, 1772. 

Roméo et Paquette, parodie en cinq actes et en vers burlesques 
de Roméo et Juliette, tragédie, parM.R... (adet) représentée pour la 
première fois au Carnaval de Venise par les enfants de la Folie, en 
1772. A Vérone et se trouve à Paris chez la veuve Ravenel, 1773. 

Les Epoux malheureux, drame en trois actes et en vers, suivi de 



^2 ETUDES FRANÇAISES 

pièces fugitives, par M. de Julien de Yinezac. A Amsterdam et se trouve 
à Paris, chez Memory, 1780. 

Roméo et Julie, tragédie bourgeoise en cinq actes de M. Weiss 
{Théâtre Allemand en recueil, par MM. Junker et Liébault, t. IV. 
A Paris, chez M. Junker, 1785). 

Les Tombeaux de Vérone, drame en cinq actes par M. Mercier. 
A Paris, chez Poinçot et à Versailles, 1785. 

Roméo et Juliette, opéra en trois actes. Parole du C. J. A. 
Ségur, musique du C. Steibelt, représenté pour la première fois à 
Paris, sur le Théâtre de la rue Feydeau, le 10 septembre, Fan 
deuxième de la République une et indivisible. A Paris, chezHuet et 
chez les citoyens Denoré et Charon, Fan second de la République. 

Roméo et Juliette, opéra en trois actes. Paroles de M. de Ségur, 
musique de M. Steibelt, représenté pour la première fois à Paris, 
sur le Théâtre de l'Opéra-Comique (rue Feydeau), le 10 septembre 
1794. A Paris, chez Fages, 1821. 

Roméo et Juliette, tragédie lyrique en trois actes précédée d'un 
prologue, par MM. Moline et Cubières Palmezeaux, musique de 
Porta, destinée pour le Théâtre de l'Académie Impériale de Musique, 
dédiée à Son Altesse Impériale Stéphanie Napoléon, actuellement 
Princesse électorale de Bade. A Paris, chez Allut, 1806. 

Roméo et Juliette, drame en musique en trois actes, représenté au 
Théâtre des Tuileries en présence de Leurs Majestés Impériales et 
Royales, le 9 mars 1809. (^a Musique est del Signor Maestro Nic- 
colo Zingarelli.) Paris, 1809. 

Juliette et Roméo, tragédie lyrique en trois actes représentée 
pour la première fois à Paris, sur le Théâtre Royal Italien, salle 
Favart, le 4 septembre 1816 (musique de Zingarelli). Paris, au 
Théâtre Royal Italien, de l'Imprimerie de Hocquet, 1816. 

Roméo et Juliette, tragédie en cinq actes de William Shakespeare, 
conforme aux représentations données à Paris. Paris, chez 
M mp Vergne, Place de l'Odéon, n° 1, 1827. 

Roméo et Juliette, tragédie en cinq actes en vers, par Frédéric 
Soulié, représentée pour la première fois le 10 juin 1828, sur le 
Théâtre Royal de l'Odéon. Paris, chez Ladvocat, 1828. 

Les Capulets et les Montaigus, tragédie lyrique. Paroles de Félix 
Romani, musique de Vincent Bellini, représentée pour la première 
fois sur le Théâtre Italien de Paris, le 10 janvier i833. Paris, Im- 
primerie Lange, Lévy et C iô , 1839. 

Livret de Roméo et Juliette, symphonie dramatique avec chœurs, 
solos de chant et prologue en récitatif harmonique, dédiée à Nicolo 
Paganini et composée d'après la tragédie de Shakespeare par Hector 



ÉTUDES FRANÇAISES *]$ 

Berlioz. Les paroles sont de M. Emile Deschamps. Paris, Impri- 
merie de Vinchon, 1839. ^ 

Les Capulets et les Montaigus (I Capuletti e I Montecchi), grand 
opéra en quatre actes. Paroles traduites de l'Italien et arrangées 
pour la scène française par Gustave Oppelt, auteur de la traduction 
du Stabat Mater de Rossini. Musique de Vincent Bellini. Suivi de 
toutes les notes et indications relatives à la distribution des rôles et 
à la mise en scène, ainsi que des variantes pour le quatrième acte. 
Paris, Marchant, i843 et Magasin Théâtral (Supplément). 

Roméo et Juliette (Macbeth et Bornéo et Juliette, tragédies de 
Shakespeare traduites en vers français avec une préface, des notes 
et des commentaires : Œuvres de Emile Deschamps, t. I. Paris, 
au Comptoir des imprimeries réunies, quai Malaquais, n° i5, 
x844). 

Id. Première édition séparée (Édition pour le Théâtre). Paris, 
Amyot, i863. 

Roméo et Juliette, drame en cinq actes et en vers, par Jacques 
Demogeot (Etudes sur Shakspère. Paris, Librairie de L. Hachette 
et C ie , i852). 

Roméo et Juliette, drame en cinq actes par Charles Woiney (Pan- 
théon dramatique étranger, traductions nouvelles publiées sous la 
direction de C. J. Hoguais. Théâtre Anglais, Shakespeare). 

Roméo et Juliette, opéra en quatre actes, musique de Bellini, 
paroles françaises de Charles Nuitter, représenté pour la première 
fois à Paris, sur le Théâtre de l'Académie Impériale de Musique, le 
39 août i85g. Paris, Michel Lévy, i85(). 

Roméo et Juliette, tragédie en cinq actes et en vers reçue au 
Théâtre Français en 1827 (Œuvres dramatiques de Lucien Arnault, 
t. II. Paris, Librairie de Firmin Didot, i865). 

Juliette et Roméo, folie-vaudeville en un acte par MM. de Moot- 
champ et Achille Delormel, représentée pour la première fois sur 
le Théâtre des Folies-Dramatiques, le 18 mars i865. Paris, Michel 
Lévy frères, i865. 

Roméo et Juliette, opéra en cinq actes par Jules Barbier et Michel 
Carré, musique de Charles Gounod, représenté pour la première 
fois à Paris, sur le Théâtre Lyrique Impérial, le 27 avril 1867. Paris, 
Michel Lévy frères, 1867. 

Roméo et Juliette, tragédie en cinq actes de William Shakespeare, 
traduction française conforme à la représentation. Paris, Michel 
Lévy frères, 1875. 

(Répertoire de M. Ernesto Rossi.) 

Les Amants de Vérone, drame lyrique en cinq actes et six tableaux 
imité de Shakespeare, poème et musique du Marquis d'Ivry, repré- 

5* 



74 ÉTUDES FRANÇAISES 

sente pour la première fois à Paris, sur le Théâtre Lyrique, le 
10 octobre 1878. Paris, Calmann-Lévy, 1878. 

Roméo et Juliette, drame en vers en cinq actes et six tableaux 
d'après Shakespeare, par Georges Lefèvre, musique de M. Francis 
Thomé, représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre 
National de FOdéon, le 3o octobre 1890. Paris, Calmann-Lévy, 1890. 

Roméo et Juliette, de William Shakespeare, traduit en prose et en 
vers, en deux parties et vingt-quatre scènes, par Louis de Gramont, 
représenté pour la première fois sur le Théâtre National de FOdéon, 
le 22 décembre 1910, avec des fragments de l'œuvre symphonique 
d'Hector Berlioz exécutés par l'orchestre Colonne sous la direction 
de M. Gabriel Pierné (Direction Antoine). Paris, Librairie Théâ- 
trale, 191 2. 

Roméo et Juliette, drame en cinq actes, en vers, adapté de la 
pièce de Shakespeare (1696), d'après la nouvelle de Luigi da Porto 
(i535) et la Légende, par Victor Ménagé. Société de l'Adaptation 
shakespearienne, 3 rue Demours, Paris, 19 12. 

Juliette et Roméo, tragi-comédie en cinq actes et six tableaux, 
d'après Shakespeare et Luigi da Porto par André Rivoire, repré- 
sentée pour la première fois à la Comédie-Française, le 4 juin 1920. 
Paris, Lemerre, 1921. 

La Tragédie de Roméo et Juliette, traduction de A. Koszul ( « Col- 
lection Shakespeare »). Paris, J.-M. Dent et fils, 1924. 

Roméo et Juliette^ prétexte à mise en scène par Jean Cocteau, 
d'après le drame de William Shakespeare, décors et costumes de 
Jean Hugo. Pièce en cinq actes et vingt-trois tableaux, représentée 
pour la première fois aux « Soirées de Paris », organisées sous la 
direction de M. le comte Etienne de Beaumont, au Théâtre de la 
Cigale, à Paris, le 2 juin 1924. Se vend à Paris, 37, avenue Kléber, 
au Sans-Pareil, en l'an 1926. 

Nouvelle édition : Roméo et Juliette (précédé de OEdipe-Roi). 
« Le Roseau d'Or ». Paris, Pion, 1928. 

Roméo et Juliette, roman d'après Shakespeare. Paris, Albert 
Méricant, s. d. 

24 Le Soir des Rois 

Le Frère et la Sœur jumeaux, comédie en cinq actes envers, tirée 
de Shakespeare par Népomucène Lemercier, représentée pour la 
première fois au Théâtre de FOdéon, le 5 novembre 1816. Paris, 
Barba et Garnier, 1816. 

Conte d'Avril, comédie en quatre actes et six tableaux en vers, 
par Auguste Dorchain, musique de Ch. Widor, représentée pour la 



ÉTUDES FRANÇAISES j5 

première fois au Théâtre National de l'Odéon, le 22 septembre 
i885 (direction Porel). Paris, Alphonse Lemerre, i885. 

La Nuit des Bois, comédie, traduction de Th. Lascaris, repré- 
sentée pour la première fois au Théâtre du Vieux Colombier, le 
20 mai 1914. Paris, Editions de la Nouvelle Revue Française, 1921. 

Le Soir des Rois ou Ce que vous voudrez, traduction de Félix 
Sauvage (« Collection Shakespeare »). Paris, J.-M. Dent et fils, 1923. 

25° Le Songe d'une Nuit d'été 

Le Songe d'une Nuit d'été, féerie d'après William Shakespeare, 

par Paul Meurice, représentée pour la première fois au Théâtre 

National de l'Odéon, le 14 avril 1886. Paris, Calmann-Lévy, 1886. 

Shakespeare : Le Songe d'une Nuit d'été (par J.-H. Rosny) > 

Petite Collection Guillaume. Paris, E. Dentu, 1894. 

Le Songe d y une Nuit d'été, comédie féerique en cinq actes en vers, 
d'après Shakespeare, par Maurice Olivaint, représentée pour la 
première fois à Philippeville (Algérie), par les Amateurs du Cercle 
Musical, le 23 juillet 1910. Bône, Imprimerie Centrale, à vapeur 
(M. A. Mariani), 1910. 

Shakespeare : Un Songe de Nuit d'été, version de Paul Spaak. 
Bruxelles, Maurice Lamerlin, 1919. 

Le Songe d'une Nuit d'été, pièce en trois actes et dix tableaux, 
adaptée de Shakespeare par M. Georges de la Fouchardière, musique 
de Mendelssohn, représentée pour la première fois au Théâtre Natio- 
nal de FOdéon, le 28 avril 1922, non imprimée. 

William Shakespeare : Le Songe d'une Nuit d'été, traduction 
libre, prosaïque et rythmée par René-Louis Piachaud, frontispice 
dessiné et colorié à la main par Benjamin Vautier, représentée pour 
la première fois au Théâtre de la Comédie à Genève, le 14 mars 1923 
(direction Fournier). Genève, Editions A. Ciana, 1923. 

Le Songe d'une Nuit de la mi-été, essai d'interprétation de W. Sha- 
kespeare par Armand Somès. Paris, de Boccard, 1923. 

Le Songe d'une Nuit d'été, de William Shakespeare, en trois actes 
et dix tableaux, traduction nouvelle de MM. Jean Montargis et Serge 
Bernstamm, musique de Mendelssohn, manuscrit non imprimé. 

Le Songe d'une Nuit d'été de la Saint-Jean [Le Songe d'une Nuit 
d'été de Shakespeare), traduction de Gaston de Bar, manuscrit non 
imprimé. 

26 La Tempête 

Cinquième Lettre à Madame la Marquise de V..., suivie de Scènes 
angloises tirées de la Comédie intitulée La Tempeste [Œuvres de 



76 ÉTUDES FRANÇAISES 

Théâtre de M. Destouches, de l'Académie Française, Nouvelle édi- 
tion revue, corrigée et augmentée par l'auteur. A Paris, chez Prault 
père, 1745). 

Hilas et Silvie, pastorale en un acte, avec des divertissements, 
par M. Rochon de Ghabannes, représentée pour la première fois 
par les Comédiens ordinaires du Roi, le 10 décembre 1769. A Paris, 
chez la veuve Duchesne, 1769. 

(Œuvre inspirée de La Tempête.) 

La Tempête ou Vile des Génies, ballet féerie en deux aetes, pré- 
cédé d'une introduction, par M. Coraly, musique de M. Schneitz- 
hoeffer, représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de 
l'Académie Royale de Musique, le 10 septembre 1834. Paris, chez 
J.-N. Barba, i834. 

La Tempête ou Vile des Bossus, folie vaudeville en un acte, par 
MM. de Forges, Ad. de Leuven et Charles de Livry, représentée 
pour la première fois à Paris, sur le Théâtre du Palais-Royal, le 
23 octobre i834. Paris, Marchant, Barba, i834. 

La Tempête, grand opéra en deux actes, paroles de M. Scribe, 
musique de M. Halévy, traduction italienne de M. Giannone, d'après 
Shakespeare ,créé à Londres, au Théâtre de la Reine, le 14 juin i85o 
et à Paris, au Théâtre Italien, le 25 février i85i. Paris, Michel Lévy 
frères, i85i. 

Caliban, suite de La Tempête, drame philosophique en cinq 
actes par Ernest Renan, de l'Institut. Paris, Calmann-Lévy, 
1878. 

La Tempête, poème symphonique en trois parties, d'après Sha- 
kespeare, pour soli, chœurs et orchestres, poème de MM. Armand 
Silvestre et Pierre Berton, musique de Alphonse Duvernoy. Ouvrage 
couronné au concours municipal de Paris, exécuté pourla première 
fois dans la salle du Châtelet sous la direction de M. Ed. Colonne, 
le 18 novembre 1880. Paris, Tresse, 1880. 

L'Eau de Jouvence, suite de Caliban, par Ernest Renan, de l'Aca- 
démie Française. Paris, Calmann-Lévy, 1881. 

La Tempête, comédie de William Shakespeare, traduite par 
Maurice Bouchor. Paris, Parvillez, 1888. 

La Tempête, ballet en trois actes et six tableaux, livret de Jules 
Barbier, chorégraphie de J. Hausen, musique de Ambroise Thomas, 
représenté pour la première fois au Théâtre National de l'Opéra le 
19 juin 1889. Paris, Calmann-Lévy, 1889. 

Prospero, poème philosophique en dix parties, en prose, par 
Alexandre Cormier. Paris, Sansot, 1907. 

La Tempête, essai d'interprétation de William Shakespeare par 
Armand Somès. Paris, de Boccard, 1924. 



ETUDES FRANÇAISES 77 

La Tempête, traduction de Joseph Aynard (« Collection Shakes- 
peare »). Paris, Société des Belles-Lettres, 1927. 



27 Timon d'Athènes 

Les Flatteurs Trompez ou VEnnemy des faux amis, comédie en 
un acte, en vers, par M. B... (Brécourt). A Caen, chez J. Jacques 
Godes, proche le Collège des RR. PP. Jésuites, 1699. 

D'après Timon d'Athènes. 

Thimon le Misanthrope, comédie en trois actes précédée d'un 
prologue, représentée par les comédiens italiens de S. A. R. Mon- 
seigneur le duc d'Orléans, Régent, le 2 de janvier 1722, par le Sieur 
D... (Delisledela Drevetière). A Paris, chez Charles Etienne Hoche- 
reau, 1722. 

Timon d'Athènes, en cinq acte» et en prose, imité de Shakespeare, 
par L.-S. Mercier. A Paris, de l'Imprimerie de Théodore Gérard, 
l'an troisième de la République. 

Quelques scènes de Timon d'Athènes de Shakespeare (Chants de 
l'Exil, par Louis Delâtre. Paris, Charles Gosselin, i843). 

Timon d'Athènes, comédie de William Shakespeare traduite en 
vers français par Louis Delâtre (avant-propos de l'auteur). Genève, 
Ch. Gruaz, i844- 

Timon d'Athènes, drame en cinq actes de William Shakespeare, 
par Arthur Fleury. Paris, J. Barbré, 1860. 

Timon a" Athènes , traduit de William Shakespeare par Charles 
des Guerrois et précédé d'une étude par le traducteur. Paris, Al- 
phonse Lemerre, 1887. 

Timon d'Athènes, pièce en six actes et sept tableaux par Emile 
Fabre, représentée pour les fêtes du vingt-cinquième centenaire de 
la fondation de Marseille, sur le Théâtre des Variétés, à Marseille, 
le 20 octobre 1899. Paris, P.-V. Stock, 1899. 

Nouvelle version : Timon d'Athènes, pièce en cinq actes par Emile 
Fabre, représentée pour la première fois à Paris, le 12 avril 1907, 
au Théâtre Antoine (direction Gémier). Paris, Calmann-Lévy, s. d. 
(ï907). 

28 Tout est bien qui finit bien 

Paroles, comédie tirée de Shakespeare par Paul Meurice et 
Auguste Vacquerie, représentée pour la première fois sur le 
deuxième Théâtre Français, le 28 février i843. Paris, Furne 
etC ie , 1844. 



78 ÉTUDES FRANÇAISES 

29 Troïltjs et Cressida 

Troïlus et Cressida, par William Shakespeare, traduction en dix- 
huit scènes par M. Emile Vedel, représenté pour la première fois le 
20 mars 1912, au Théâtre de l'Odéon. La Petite Illustration, 18 oc- 
tobre 191 3. 

Cressida, par André Suarès, prologue, vingt et une scènes et épi- 
logue en prose. Paris, Emile Paul frères, 19 13. 

Troïlus et Cressida, traduction de René Lalou (« Collection Sha- 
kespeare »). Paris, J.-M. Dent et fils, 1924. 

IV. — Sonnets et Poèmes. 

Poènres et Sonnets de William Shakespère, traduits en vers, 
avec le texte anglais au bas des pages, précédés d'une notice et 
suivis de notes par Ernest Lafond. Paris, Typographie de Ch. 
Lahure, Imprimerie du Sénat et de la Cour de Cassation, i856. 

Les Sonnets de William Shakespeare, traduits pour la première 
fois en entier par François-Victor Hugo. Paris, Michel Lévy frères, 
i85 7 . 

Les Chansons de Shakespeare mises en vers français, par Maurice 
Bouchor. Paris, Léon Chailley, s. d. (1896). 

Les Sonnets de Shakespeare, essai d'une interprétation en vers 
français, par Charles-Marie Garnier. Cahiers de la Quinzaine, 
septième et quinzième cahiers de la huitième série, 1906-1907. 

Nouvelle édition (« Collection Shakespeare »). J.-M. Dent et fils, 
1923. 

Poésies, suivies de diverses adaptations de Shakespeare, Marlowe, 
Keats, Shelley, par Charles Lorrey. Paris, 1909. (Dix chansons 
de Shakespeare mises en vers français). 

Shakespeare : Les Sonnets, traduction de Emile Le Brun, intro- 
duction de Valéry Larbaud, texte anglais et français. Paris, Collec- 
tion classique des Editions de la Pléiade. J. SchifFrin, 1925. 

V. — Editions illustrées. 

Œuvres complètes : Suite de trente-six figures avant la lettre 
d'Henri Pille, gravées par Monzin, montées in-4 en deux cartonnages 
pour illustrer la traduction de François-Victor Hugo. Paris, Alphonse 
Lemerre, 1875. 

Comme il vous plaira, comédie de William Shakespeare, traduite 
de l'anglais par Georges Duval, illustrations de Hugh Thomson. 
Paris, Flammarion, couverture illustrée, s. d. in-4 . 



ETUDES FRANÇAISES 79 

Hamlet, seize sujets dessinés et lithographies par Eugène 
Delacroix. Paris, Dutacq et C ie , Michel Lévy frères, 1864, gr. 
in-fol. 

William Shakespeare : Hamlet, Prince de Danemark, traduit de 
l'anglais par Georges Duval, illustrations de W.-G. Simmonds. Paris, 
Flammarion, s. d. (1912), in-4°. 

Shakespeare : Hamlet, drame en cinq actes, traduction de Georges 
Duval, bois et eaux-fortes originales de Georges Bruger, Collec- 
tion éclectique, Auguste Blaizot, René KiefFer. Paris, igi3, 
in-8°. 

La Tragique Histoire à" Hamlet, Prince de Danemark, par William 
Shakespeare, traduction de Eugène Morand et Marcel Schwob, texte 
orné de compositions dessinées et gravées sur bois par J. Lébédeff, 
frontispice de Louis Jou. Paris, Georges Crès et C ie , Le Théâtre 
d'Art, 1920, in-8°. 

Shakespeare : Hamlet, traduit par Jules Derocquigny, 16 litho- 
graphies d'Eugène Delacroix. Paris, Editions du Trianon, 1925, 
in-4 . 

Les Joyeuses Commères de Windsor, par William Shakespeare, 
illustrations par Hugh Thomson, Librairie Hachette et C ie . Paris, 
19 12, in-8°. 

William Shakespeare : Le Marchand de Venise, traduit de l'an- 
glais par Georges Duval, illustrations de sir James D. Linton. Paris, 
Flammarion, 191 1, in-4°. 

Le Roi Lear, traduction française de Pierre Loti, de l'Académie 
Française, et Emile Vedel, gravures sur bois de Jean Lébédeff. 
Paris, Société Littéraire de France, 1916, in-8°. Edition pour le 
Tri-Centenaire de la mort de William Shakespeare (i56o-i6i6). 

Roméo et Juliette, tragédie de Shakespeare, traduction de Daffry 
de la Monnoye, illustrations d'Andriolli, gravures deHuyot. Paris, 
Librairie de Firmin-Didot, s. d., in-fol. 

Roméo et Juliette, traduit de l'anglais par Georges Duval, illus- 
trations de W. Hatherell. Paris, Flammarion, 1913, in-4°. 

Roméo et Juliette, par Jean Cocteau (voir plus haut, à la rubrique: 
Pièces diverses), 1926, in-4°. 

Le Songe d'une Nuit d'été, par William Shakespeare, illustrations 
par Arthur Rackam. Paris, Hachette et C ie , 1909, in-4°. 

Skakespeare : La Tempête, traduction de Robert Lefranc, illus- 
trations de Edmond Dulac. Paris, Piazza, 1912, in-4°. 



80 ÉTUDES FRANÇAISES 

VI.— Adaptations cinématographiques 1 . 

i° DRAMES 
Antoine et Cléopatre 

1913. Production française (S. C. A. G. L.). 

191 7. Production Fox (La Reine des Césars). 

1918. Version Américaine, avec Helena Garner. 

Hamlet 

1915. Production « Knickerbocker ». Londres. 
1918. Version italienne, avec Helena Makowska. 

1921. Film Astra, par Heinz Schall, avec Asta Nielsen. 

Jules César 
191 1. Production Ginès, Rome. 

Macbeth 

1916. Production « Triangle », par John Emerson, avec sir Herbert 

Tree. 
1916. Film inédit tourné à Saint-Wandrille, avec Séverin-Mars. 
19*20. Evocation de la tragédie dans Carnival, de Harley Knoles, 

avec Matheson Lang et Hilda Barley (film anglais) . 

1922. Production Werner, par Dimitri Buchovetzky, avec Emil Jan- 

nings, Werner Krauss et Lya de Putti. 

Richard III 

1913. Production « Shakespeare Film Company » (Londres). 

1918. Production « Broadway Film Company » (Londres). 

1919. Version allemande, avec Conrad Veidt et la troupe de 

Reinhardt. 

Roméo et Juliette 
1913. Production Pathé (S. C. A. G. L.). 



1. Voir Ciné-Magazine, i3 mai 1927. Il faut ajouter à cette liste deux 
Othello, l'un italien, l'autre allemand, ce dernier avec Emil Jannings et 
Lya de Putti. 



ÉTUDES FRANÇAISES 8l 

1914. Production Biograph, supervisée par D. W. Grifïïth, avec 

Francis Bushmann et Beverley Bayne. 
191 7. Production Fox, par Raoul Walsh, avec Theda Bara. 
1917. Production Educational. 
1920. Production Universal. 



2° COMÉDIES 

Les Joyeuses Commères de Windsor 
1925. Production U. F. A. réalisée par Ludwig Berger. 

Le Marchand de Venise 

1912. Sans indication d'origine. 
19 14. Production Universal. 

1921. Production allemande réalisée par Peter Paul Felner, avec 
Henry Porten et Werner Krauss . 

Le Songe d'une Nuit d'été 

1910. Production Witagraph avec John Bunny et Ann Russell. 
1925. Production Neumann, avec Werner Krauss et Ruth Ellen 
Weyher. 

La Tempête 

1919. Production Pathé Exchange (New-York). 



4. — ÉVREUX, IMPRIMERIE CHARLES HÉRISSEY. — 3-1928 



Déjà parus : 

Gustave Lanson : Méthodes deThistoire littéraire. 

Henry Bargy : Description phonétique du Présent du Verbe. 

Eugène Fret : Quelques remarques sur l'Enseignement de la 
Grammaire française dans les classes. 

Gilbert Chinard : Pensées choisies de Montesquieu. 

Albert Bédé et Jean Le Bail : Anatole France vu par la critique 
d'aujourd'hui. 

Richard P. Holbrook : Études et Aventures Patheiiniennes. — 
Régis Mighaud : L'étudiant et le SCholar. — Franck L. 
Schœll : « Littérature comparée » et « Littérature géné- 
rale » aux États-Unis. 

Maurice Alliot et Jean Baillou : Ronsard et son quatrième cente- 
naire. 

André Morize : Organisation et programme d'un Cours général 
d'introduction à la littérature française, « Survey 
Course ». 

Henri Yvon : L'imparfait de l'indicatif en français. 

J. J. Salverda de Grave et Erik Staaff : L'enseignement du 
français en Hollande et en Suède. 

Henri Moncel et Henri Girard : Pour et contre le Romantisme 
(préface de F. Baldensperger). 

Jean Plattard : État présent des études rabelaisiennes. 

Miss Grey et H. Bargy : Plan d'une expérience d'étude consciente 
de la prononciation française, avec un Cahier de l'Élève. 

A. Arsène Alexandre : La vie agricole dans la Picardie Orientale 
depuis la guerre. 




La Bibliothèque 
Université d'Ottawa 

Echéance 

Celui qui rapporte un volume 
après la dernière date timbrée 
ci-dessous devra payer une amen- 
de de cinq cents, plus deux cents 
pour chaque jour de retard. 



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